Archives de catégorie : Communiqués

5 novembre : appel à la grève générale

Pour une prise en compte réelle et suivie d’actions des revendications lycéennes et étudiantes par le gouvernement et pour que celui-ci apporte des réponses concrètes à l’urgence sociale,

Contre les violences policières envers les manifestantxs, la répression inacceptable des mobilisations lycéennes et les dispositifs autoritaristes mis en place par le gouvernement,

Pour stopper la diffusion médiatique des discours de haine racistes de l’extrême-droite et leurs conséquences meurtrières,

Contre le démantèlement des services publics dont la Culture qui aggrave dramatiquement la précarisation de ses travailleureuses,

La Ligue rejoint les appels syndicaux à la grève générale à partir du 5 novembre.

En tant qu’artistes-auteurices et indépendantxs, la loi n’encadre pas notre droit de grève, mais nous pouvons :

  • Ne pas travailler,
  • Rejoindre les manifestations,
  • Fermer nos ateliers avec une affiche,
  • Créer une signature e-mail de grève,
  • Mettre nos sites internet en grève…

Si vous faites grève et qu’unx clientx ou un diffuseur vous met en difficulté pour cette raison, contactez-nous.

Voici des documents utiles pour les manifestantxs, rédigés par la CGT et partagés avec son accord (merci à elleux).

Vous trouverez ICI, la liste des avocat·es spécialisé·es des libertés publiques.
Vous trouverez ICI, une guide militant·e face à la police.
Vous trouverez ICI, un guide du manifestant·es arreté·es.
Lycéen·ne arreté·e ? Tais-toi et exige un avocat  » le tract ICI

Badges – autocollants : Non, les policiers n’ont pas le droit de demander aux manifestant·es de retirer leurs autocollants.

Texte de la Ligue des Droits Humains et de l’Observatoire des libertés publiques ⇓

L’Observatoire attire votre attention sur une pratique policière persistante depuis de nombreuses années consistant à conditionner la sortie d’une manifestation au retrait définitif de tout signe exprimant une adhésion associative, syndicale ou pensée politique ( autocollants, badges syndicaux, gilets jaunes…).

Cette pratique a une nouvelle fois été constatée lors d’une manifestation samedi 11 janvier 2020 à PARIS, Place de la République malgré des décisions reconnaissant son illégalité :

  • Décision du 25 novembre 2015 du Défenseur des droits rappelant au gouvernement que « Concernant la demande qui a été faite aux manifestantes de retirer leurs autocollants si elles souhaitaient quitter le cortège, le Défenseur des droits partage pleinement les termes d’une instruction de la préfecture de police du 5 octobre 2010, qui rappelle le principe de la liberté d’arborer tout signe revendicatif et que la demande de les retirer lorsqu’un manifestant quitte un cortège, n’est pas justifiée. ».
  • Deux instructions datant du 5 octobre 2010 et du 17 décembre 2004 du Préfet de police énonçant que : « les textes en vigueur consacrent le principe selon lequel le port, de manière apparente, de signes distinctifs de toute nature sur la voie publique par tous citoyens est autorisé (exemples : badges syndicaux, drapeaux, banderoles…) »

Nous tenons à rappeler que cette pratique est incompatible avec la Liberté d’expression telle que protégée notamment par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Cette liberté fondamentale représente selon la Convention européenne des droits de l’homme « l’un des fondements essentiels d’une société démocratique ». Aucune démocratie ne saurait admettre une telle pratique qui voudrait laisser croire à tort que le port d’un badge ou d’un autocollant revendicatif ne serait autorisé que dans le cadre d’une manifestation, déclarée et encadrée par la police.

Nous vous invitons à faire valoir vos droits et à nous signaler tout débordement par l’envoi de photos ou de vidéos à l’adresse suivante : contact@obs-paris.org

FACE À LA RÉDUCTION DES CRÉDITS ALLOUÉS AU DÉVELOPPEMENT DE LA LECTURE, LE MONDE DU LIVRE SE MOBILISE

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Paris, le 27 octobre 2026

La Ligue des auteurices professionnel·les s’associe au Plaidoyer pour le livre et la lecture, composé de plus de cinquante organisations représentatives des différents métiers du secteur du livre et de la lecture, pour dénoncer la réduction des crédits alloués au développement de la lecture.

En deux ans, entre 2024 et 2026, le gouvernement a baissé ses aides aux métiers du livre et de la lecture de 25%. Alors que la baisse de la lecture s’est imposée comme un enjeu de société et de santé publique majeur, le projet de loi de finances pour 2027 s’inscrit dans cette même dynamique.

Cette baisse historique du soutien de l’État aux métiers du livre et de la lecture impacte directement les auteurices, les librairies, les maisons d’édition, les bibliothèques, mais aussi les manifestations littéraires et les structures de coopération, médiation ou développement de la lecture qui permettent à nos concitoyen·nes un accès diversifié au livre et à la lecture, dans tous les territoires.

Nous nous réunissons aujourd’hui entre organisations représentatives des différents métiers du secteur pour défendre une politique publique de soutien aux livres et à la lecture à la hauteur des enjeux de notre société. Face aux risques qui pèsent sur l’esprit critique et la liberté d’expression, face aux dangers des écrans, à la dématérialisation des relations, face à l’isolement et à la détérioration de la santé mentale des jeunes générations, les livres et la lecture sont des leviers d’émancipation, créent des liens, des espoirs et des respirations.

Ensemble, nous alertons haut et fort sur les dangers qui nous guettent. Sans augmentation du budget, nous assisterons à l’appauvrissement de la diversité éditoriale et à un renforcement de la best-sellerisation, ainsi qu’à l’appauvrissement des librairies et des festivals littéraires.

Le Plaidoyer pour le livre et la lecture s’oppose à un budget venant entériner la baisse historique de ces deux dernières années.

Le Plaidoyer pour le livre et la lecture exige :

  • une politique nationale volontariste et interministérielle en faveur du livre et de la lecture ;
  • des budgets à la hauteur des enjeux, pour l’État comme pour les collectivités territoriales, afin d’enrayer le déclin de la lecture au vu de son impact sociétal ;
  • un soutien réaffirmé à l’ensemble des acteurices et métiers du livre, notamment par le renforcement des moyens alloués au Centre national du livre et aux dispositifs de démocratisation culturelle.

Le Plaidoyer pour le livre et la lecture entre en campagne ce 27 octobre 2026. Avec ses 50 organisations, ce sont des milliers de librairies, bibliothèques, associations, festivals, auteurices qui se mobilisent, au cœur des territoires, fort·es du soutien des lecteurices et de toutes celles et ceux qui pensent que le livre et la lecture ne peuvent pas être sacrifiés sur l’autel de logiques comptables qu’il faudra ensuite rattraper.

 

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site internet du collectif du Plaidoyer pour le livre et la lecture.

 

Crise Grasset : pour une protection effective des auteurs et autrices et de la liberté d’expression

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Paris, le 27 avril 2026

La Ligue des auteurs professionnels et la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse prennent acte, avec gravité et sang-froid, de la crise traversée par les auteurs et autrices publiés chez Grasset suite au licenciement de leur PDG.

Cette mobilisation sans précédent est d’autant plus légitime qu’elle révèle des déséquilibres structurels anciens. Nous, auteurs et autrices, demeurons juridiquement dépendants de groupes éditoriaux qui détiennent les droits d’exploitation de nos livres bien au-delà de ce que l’intérêt de la création justifie. Cette dissymétrie limite de fait notre capacité à agir lorsque l’indépendance éditoriale ou notre éthique nous semblent menacés.

De plus, le détournement désormais massif du mécanisme de l’à-valoir fragilise encore davantage notre situation. Légitime lorsqu’il est là pour nous assurer une avance estimée sur le potentiel succès à venir de l’exploitation de nos droits, il ne l’est plus lorsqu’il est détourné pour rémunérer notre travail de création, quand celui-ci précède et conditionne la cession des droits. Une pratique qui n’existait pas il y a vingt ans dans la bande dessinée, et qui paralyse aujourd’hui notre capacité à bénéficier du succès de nos œuvres, nous obligeant à rembourser un travail qui nous a pourtant été demandé.

Les revendications exprimées ces derniers jours autour d’une « clause de conscience » traduisent une aspiration claire, celle de disposer de mécanismes effectifs permettant aux auteurs et autrices de ne pas être liés à des situations contraires à leur éthique. Si cette revendication est forte politiquement, elle se heurte à une lacune que nous dénonçons de longue date : l’absence de conventions collectives et de mécanismes de protection adaptés à notre époque pour l’ensemble des 33 métiers de la création en France.

Cette crise n’est pas un accident isolé. Elle s’inscrit dans une histoire longue. Dès 1936, Jean Zay portait l’ambition d’un véritable statut de l’auteur, garantissant son indépendance par une limitation dans le temps de la cession des droits. Ce projet fut à l’époque détruit par les grandes maisons d’édition, dont Bernard Grasset. Depuis lors, les évolutions législatives ont largement consolidé la position des groupes éditoriaux, laissant les auteurs et autrices sans véritable levier collectif contraignant.

Pendant ce temps, d’autres pays européens avançaient. En Espagne, la loi limite à quinze ans la durée de cession des droits d’auteur. En France, les contrats d’édition sont le plus souvent des contrats d’adhésion, présentés aux auteurs comme à prendre ou à laisser, qui captent leurs droits pour toute leur vie et soixante-dix ans après leur mort.

Les États Généraux de la BD, présentés à l’Assemblée nationale en mars dernier, illustrent l’ampleur de la crise :

55 % des auteurs et autrices professionnels de BD n’atteignent pas le SMIC — 37 % vivent sous le seuil de pauvreté — 89 % se sentent abandonnés par les pouvoirs publics.

Aujourd’hui, un tournant est possible. Le rattachement progressif de l’ensemble des artistes-auteurs au champ du travail et les perspectives ouvertes par les récentes évolutions institutionnelles peuvent enfin permettre d’engager une refondation du cadre social et contractuel. Encore faut-il en faire une priorité politique et collective.

Dans l’immédiat, nos organisations affirment leur mobilisation totale pour accompagner individuellement les auteurs et autrices concernés, soutenir les dynamiques collectives en cours et contribuer, aux côtés de juristes, avocats et parlementaires, à la construction de projets de loi à court et moyen terme.

Au-delà de l’urgence, nous appelons à un rassemblement de l’ensemble des auteurs et autrices de tous les secteurs du livre et à une réponse collective à la hauteur des enjeux.

Dans l’esprit de Jean Zay, il est temps de donner aux créateurs et créatrices de notre pays un véritable statut.

 

La Ligue des auteurs professionnels

La Ligue des auteurs professionnels est un syndicat d’auteurs et d’autrices du livre. Elle rassemble aujourd’hui près de 3 000 membres issus de tous les secteurs de l’édition (littérature générale, bande dessinée, jeunesse, documentaire, etc.). Le syndicat œuvre à la défense collective des intérêts de la profession, à l’amélioration des conditions de création et de rémunération, ainsi qu’à la reconnaissance pleine et entière du statut professionnel auprès des pouvoirs publics et des acteurs du secteur. La Ligue des auteurs professionnels est membre de l’intersyndicale artistes-auteurs.

La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse

La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse est une association de défense des droits des créateur·ices du livre jeunesse, qui fédère aujourd’hui 1 600 adhérent·es. Acteur majeur du secteur depuis 1975, elle fait entendre la voix des auteur·ices et illustrateur·ices auprès des institutions publiques à travers des prises de position, des recommandations tarifaires et des actions collectives. Elle agit pour la reconnaissance professionnelle des artistes-auteur·ices, la juste rémunération et la promotion de la littérature jeunesse auprès du grand public. La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse est membre de l’intersyndicale artistes-auteurs.

Communiqué intersyndicale des artistes-auteur·ices du 21 avril 2026

LE MINISTÈRE DE LA CULTURE ORGANISE LE DÉTOURNEMENT DU VOTE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

L’intersyndicale des artistes-auteur·ices dénonce avec la plus grande gravité le projet de décret d’application de l’article 5 du PLFSS présenté par le ministère de la Culture. Six mois après un vote parlementaire historique, le gouvernement ne se contente pas de ralentir la réforme : il en organise méthodiquement le contournement.

 

Une trahison délibérée de la volonté démocratique

Le décret présenté le 16 avril 2026 au ministère de la Culture ne met pas en oeuvre la loi : il en dénature le sens, en inverse la logique et en trahit l’objectif politique.

L’Assemblée nationale avait posé un principe clair et sans ambiguïté : redonner aux artistes-auteur·ices la maîtrise de leur protection sociale et tourner définitivement la page du scandale Agessa.
Un vote obtenu avec 255 voix pour et 1 voix contre.

Le ministère fait aujourd’hui exactement l’inverse :
> Maintien de la SSAA-Agessa
> Report des élections professionnelles à un prochain décret sans lancer les travaux préparatoires ou les développement informatiques nécessaires
> Réintégration des organismes de gestion collective pourtant exclus lors du vote à l’Assemblée

Il ne s’agit plus d’une interprétation : c’est une reprise en main administrative assumée, en contradiction frontale avec la volonté du législateur.

 

Rien ne change : l’Agessa consolidée

Malgré des décennies de scandales, malgré les alertes répétées, malgré les recommandations de la Cour des comptes : rien ne change.

La SSAA-Agessa demeure avec la même structure et les mêmes acteurs, et se voit même selon le décret doté d’un nouveau rôle consultatif pour « tout projet ou mesure législative ou réglementaire qui porte spécifiquement sur les règles de sécurité sociale des artistes-auteurs ». Le système issu de l’Agessa, dont les dysfonctionnements ont privé au moins 190 000 artistes-auteur·ices de leurs droits à la retraite, est aujourd’hui consolidé et renforcé. Ce choix n’est pas neutre. Il traduit une décision politique claire : ne pas réformer, ne pas réparer, ne pas rendre de comptes.

 

Gouvernance et élections sont indissociables : quelles « branches professionnelles » ?

Tenter de dissocier la gouvernance des élections dans deux décrets distincts relève au mieux d’une incohérence, au pire d’une stratégie visant à repousser indéfiniment la mise en place d’un véritable processus démocratique.
Ces deux dimensions, gouvernance et élection, sont en réalité indissociables. La loi elle-même fonde la représentation sur des « branches professionnelles » qui, en l’absence de conventions collectives, n’ont aucune existence légale pour les artistes-auteur·ices.
Or, de cette « répartition des sièges par branche » – dont les contours restents flous et non débattus – dépendront direction :
> le découpage électoral,
> la composition du Conseil d’administration et des commissions

En l’état, le gouvernement prétend donc fixer une gouvernance sans en définir les bases démocratiques.
Une telle démarche est intenable : la question hautement sensible, desdites « branches » doit être clarifiée et discutée en amont. A défaut, c’est l’ensemble de l’architecture démocratique de la réforme qui repose sur des fondations incertaines.

 

Nous refusons ce passage en force

L’intersyndicale des artistes-auteur·ices exige :
> le respect du vote de l’Assemblé nationale et de l’esprit du législateur
> la mise en place immédiate d’un calendrier pour les élections professionnelles avant fin 2026
> l’agrément d’une nouvelle structure sur appel à candidatures
> la réparation effective du scandale Agessa
> la seule présence des représentants élus des artistes-auteur·ices affilié·es, des représentant·es des diffuseurs ainsi que des représentant·es de l’Etat

Nous appelons l’ensemble des artistes-auteur·ices à se tenir prêts pour une nouvelle mobilisation.

 

Nous ne laisserons pas faire

Ce décret n’est pas un texte d’application : c’est une tentative de neutralisation politique d’une réforme démocratique. Nous utiliserons tous les moyens nécessaires – juridiques, syndicaux et politiques – pour faire échec à ce détournement. Les artistes-auteur·ices ne sont pas une variable d’ajustement. Ils et elles sont les premiers concernés et entendent enfin pouvoir piloter leur régime social.
Dans un contexte déjà marqué par la crise du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, il est irresponsable que les ministères de tutelle exercent une telle pression à l’égard des créateurs et créatrices de ce pays.

Nous appelons solennellement à l’ouverture d’un véritablement dialogue social, au respect de la loi et de la démocratie sociale.

 

Liste des organisations signataires :

  • Aliance France design
  • Association des auteurs de bande dessinée (adaBD)
  • Association des traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel
  • Backstory l’Association
  • CGT Spectacle
  • Comité pluridisciplinaire des artistes-auteurs et autrices
  • États généraux de la bande dessinée
  • La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse
  • La Ligue des auteurs professionnels
  • Société des Auteurs de Jeux
  • Syndicat CGT des Artistes-Auteurs et Autrices de l’Ecrit et de la Musique – SAEM-CGT
  • Syndicat des écrivains de langue française
  • Syndicat des Scénaristes
  • Syndicat des Travailleur·euses Artistes-Auteur·ices – CNT-SO
  • Syndicat français des compositrices et compositeurs de musique contemporaine – SMC
  • Syndicat National des Artistes-Auteurs Force Ouvrière
  • Syndicat National des Artistes Plasticien·nes CGT – SNAP-CGT
  • Syndicat national des photographes
  • Syndicat national des sculpteurs et plasticiens
  • Union Nationale des Peintres-Illustrateurs

Communiqué inter orga BD du 15 avril 2026

 

MÉPRIS DU SNE, DU CNL ET DE L’ÉTAT : APRÈS ANGOULÊME, COMBIEN DE CRISES FAUDRA-T-IL ENCORE ?

L’interorganisation des auteur·ices de BD prend acte, avec une grande surprise et une profonde déception, de l’absence de responsables du Syndicat national de l’édition (SNE), du Centre national du livre (CNL) et de représentants de l’État lors de la présentation officielle des résultats de l’enquête 2025 des États Généraux de la Bande Dessinée (EGBD) à l’Assemblée nationale – et ce malgré l’invitation formelle qui leur avait été faite.

Ce silence institutionnel est un signal politique. Il est aussi une faute.

Rappelons que les éditeurs indépendants du SEA étaient, eux, présents. Rappelons aussi qu’en quelques semaines, la Foire du livre de Bruxelles a su, elle, organiser une réception à la hauteur des enjeux portés par l’enquête conduite par les EGBD. En France, rien. Ce contraste est accablant.

Alors même que la situation sociale des autrices et auteurs de bande dessinée n’a jamais été aussi critique, les principaux acteurs censés participer au dialogue social choisissent l’absence. Cette désertion intervient dans un contexte déjà explosif. En effet, la crise majeure qui a conduit au boycott par les autrices et auteurs du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, puis à son annulation, a démontré l’ampleur du malaise et l’échec d’un dialogue social devenu inopérant.

Dans le même temps, les avancées attendues suite à la mobilisation historique pour amender l’article 5 du Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale (PLFSS), mobilisation qui devait ouvrir la voie à des réformes structurelles du cadre social des artistes-auteurs, sont aujourd’hui à l’arrêt.

Plus préoccupant encore, certains événements soutenus par des financements publics semblent évoluer en totale déconnexion avec la réalité sociale des artistes-auteurs. Ainsi, le Festival du Livre de Paris, organisé par le SNE, financé notamment par la SOFIA et le CFC, prétend mettre aujourd’hui la bande dessinée à l’honneur tout en apparaissant largement à côté des enjeux et des préoccupations concrètes des autrices et auteurs. En effet, après un partenariat incompréhensible avec Amazon, après une absence de droits de monstration, après le fait que les autrices et auteurs ne pouvaient obtenir une entrée gratuite en tant que professionnel·les, nous découvrons qu’aucun débat ou table ronde ne sera consacré aux résultats – pourtant si alarmants – des États Généraux de la Bande Dessinée.

Ces faux pas et cette indifférence envers ce qui angoisse aujourd’hui les autrices et auteurs sont inacceptables. Tout cela soulève des questions sur les priorités et la compréhension des institutions concernant la situation de ceux qui sont à la base de toute la filière livre, un secteur qui constitue pourtant un pilier culturel majeur.

Que faut-il de plus ? Combien de signaux d’alerte seront encore ignorés ?

L’absence du CNL, du SNE et de l’État à la présentation des résultats de l’enquête des EGBD, quelques semaines seulement après la crise de grande ampleur du festival d’Angoulême, ne peut être interprétée que comme du mépris pour les autrices et auteurs. L’absence d’invitation à parler de ces résultats au Festival du Livre de Paris traduit à son tour le même mépris pour les autrices et auteur, ainsi que pour leurs conditions de vie, leurs difficultés sociales et financières, leur travail, etc.

Ces instances ne pourraient pas mieux s’y prendre pour attiser la colère et nourrir un sentiment désormais largement partagé : celui d’être abandonné. Pour beaucoup, il ne s’agit pas d’un débat abstrait. Les autrices et auteurs qui lisent le rapport des EGBD le disent : c’est leur vie.

Face à cette situation, l’Inter-organisation des auteur·ices de BD annonce le lancement immédiat d’une initiative ambitieuse : un plan de sauvegarde des métiers des auteurs du livre.

Ce plan sera élaboré en concertation avec l’intersyndicale des artistes-auteur·ices et les acteurs de bonne volonté de la filière, comme, par exemple, les représentants des éditeurs indépendants, des festivals et des OGC venus, eux, à la présentation à l’Assemblée nationale. Ce plan visera à consolider les propositions concrètes existantes et en formuler d’autres, structurelles et applicables sans délai, pour garantir des conditions de travail et de vie dignes.

En parallèle, nous demandons que ce qui a été voté dans le cadre du PLFSS par l’Assemblée nationale soit enfin appliqué par le ministère de la Culture.

Il y a urgence.

Nous appelons l’ensemble des pouvoirs publics, des organisations professionnelles et des acteurs de la chaîne du livre à sortir de l’inaction et à s’engager dans un dialogue réel, à la hauteur de la crise que traverse le secteur.

Faute de quoi, la mobilisation des autrices et auteurs ne pourra que s’intensifier. Nous avions prévenu en vain avant le festival d’Angoulême du danger qu’il y avait à ne pas répondre à la colère des autrices et auteurs. Va-t-on devoir attendre qu’elle dévaste tout pour être enfin entendu ?

 

Liste des organisations signataires :

  • États Généraux de la Bande Dessinée
  • Ligue des auteurs professionnels
  • Charte des Auteurs et Illustrateurs de Jeunesse
  • STAA CNT-SO
  • SNAP CGT
  • ABDIL
  • SCAA

 

Communiqué inter orga BD du 21 janvier 2026

 

FESTIVAL D’ANGOULÊME : VICTOIRE DES AUTEURICES

Après plusieurs mois de mobilisations à l’initiative des syndicats et collectif·ves de travailleur·euses de la bande dessinée, les pouvoirs publics ont pris la mesure de la situation de crise dans laquelle se trouvait le FIBD d’Angoulême et ce dernier a été annulé.

Par conséquent, l’association historique du Festival a été écartée au profit d’un renouvellement de l’Association pour le Développement de la Bande Dessinée à Angoulême (ADBDA).

Nos organisations d’auteur·ices ont fait le choix de se rassembler en interorganisation sous la bannière d’En bande organisée. Sept d’entre elles (l’ABDIL, les EGBD, La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, La Ligue des auteurs pro, la SCAA, le SNAP-CGT et le STAA CNT.SO) intègrent à ce titre le Collège des auteur·ices de la bande dessinée de cette nouvelle version de l’ADBDA.

L’association, appelée à assurer la responsabilité du festival de la bande dessinée d’Angoulême, a pour vocation de rassembler les acteur·ices publics, professionnel·les et expert·es du secteur de la bande dessinée afin de contribuer à son développement, à son rayonnement et à la cohérence des actions menées sur le territoire.

Notre présence collective au sein de l’association a pour objectif de veiller à la garantie des droits les plus fondamentaux et les plus élémentaires des auteur·ices que nous représentons.

Nous entendons ainsi contribuer activement à la construction d’un festival à la hauteur des enjeux artistiques, sociaux et économiques de la création contemporaine, fondé sur l’égalité, le respect des personnes, la lutte contre toutes les formes de discriminations et de violences.

Notre collège des auteur·ices sera très attentif à ce que la gouvernance soit toujours transparente et respectueuse des auteur·ices de BD et veillera à la protection constante de leurs conditions de travail.

C’est une victoire pour les artistes-auteur·ices qui ont démontré que sans ell·eux, un festival d’une telle ampleur ne pouvait avoir lieu.

C’est une victoire pour les artistes auteur·ices qui encaissent les mauvaises conditions de travail, la précarité, les scandales sur la gestion de leur organisme de retraite, et un mépris constant depuis de nombreuses années.

Nous devrons nous inspirer de cette lutte pour continuer les prochains combats tels que la continuité de revenus ou le bannissement de l’IA de notre horizon professionnel.

Nous appelons celleux qui le souhaitent à nous rejoindre et à se syndiquer ! C’est par l’organisation collective que nous pourrons faire respecter nos droits et en conquérir de nouveaux.

 

 

Liste des organisations signataires :

  • STAA CNT-SO
  • SNAP CGT
  • La Ligue des auteurs professionnels
  • ABDIL
  • Les États généraux de la Bande Dessinée
  • La Charte des Auteurs et Illustrateurs de Jeunesse
  • SCAA

 

 

Bradage de la traduction, Plan social invisible : Harlequin passe à l’IA

Depuis quelques semaines, plusieurs dizaines de traducteurs et traductrices travaillant régulièrement avec les éditions Harlequin reçoivent les unes après les autres un appel téléphonique leur annonçant la fin de leur collaboration avec la maison d’édition. Leurs contrats en cours seront les derniers.

 

Projet AMAEL : pourquoi la Ligue n’est pas membre de cette instance de médiation ?

Après plusieurs mois de travail, nous constatons que les conditions indispensables à la création d’une instance de médiation crédible et équilibrée, conforme à la réalité des auteurs et autrices, ne sont pas réunies, c’est pourquoi nous avons décidé de ne pas nous engager dans ce projet.

Un droit d’entrée inadapté à la réalité économique des auteurs

Le coût d’accès proposé – 150 euros – est incompatible avec la situation économique de la majorité des auteurs et autrices. Une médiation doit être accessible, non réservée à celles et ceux qui peuvent payer. Ce montant traduit une méconnaissance profonde de la précarité des auteurs et autrices.

Une gouvernance insuffisamment représentative

Les propositions de statuts d’AMAEL révèlent une gouvernance déséquilibrée qui ne reflète pas la diversité de la profession et se base sur un vote censitaire.

Avec la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, nous avions demandé un audit indépendant de représentativité, afin d’établir une base objective et transparente pour un dialogue interprofessionnel. Aucune réponse n’a été apportée à cette demande.

De plus, plusieurs acteurs essentiels n’ont pas été autorisés à prendre part aux fondations du projet, notamment la FEDEI, côté éditeurs. L’ATLF et la Charte des auteurs et illustrateurs se sont également retirées. Une médiation ne peut se construire sur un périmètre aussi restreint.

Un déficit de transparence incompatible avec la confiance

Le manque de transparence dans les échanges, en particulier avec le Syndicat national de l’édition (SNE), fragilise la possibilité d’un travail commun sincère. Nous rappelons que des dossiers majeurs, comme l’action engagée contre META, devraient être traités en coopération. Pourtant, le SNE refuse que nous puissions intervenir volontairement dans cette procédure, alors qu’elle concerne directement les auteurs que nous représentons.

La fixation d’une Assemblée générale d’AMAEL sans répondre à notre demande d’audit et sans intégrer les organisations écartées illustre un mode opératoire incompatible avec les principes mêmes de la médiation.

L’impossibilité, dans ce contexte, de faire association

Créer une association engage les structures “intuitu personae”, c’est-à-dire sur la base de la confiance et d’une vision partagée.

Or, plusieurs prises de position récentes d’organisations partenaires, notamment sur le scandale AGESSA, se sont révélées incompatibles avec la défense des droits fondamentaux des auteurs que nous représentons.

Dans ces conditions, nous ne pouvons pas nous engager dans la co-construction d’une association comme AMAEL.

Renforcer l’existant et construire une alternative gratuite et interprofessionnelle

Nous choisissons de renforcer les dispositifs qui fonctionnent déjà, plutôt que de créer une structure supplémentaire et coûteuse.

La permanence juridique de la Ligue, qui traite plus de 350 médiations par an, permet déjà de résoudre de nombreux litiges de manière apaisée et efficace, tout en identifiant les causes récurrentes des conflits : défauts de paiement, reddition irrégulière des comptes, sous-exploitation des œuvres, demandes de restitution de droits. D’autres organisations, telles que la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse ou l’ATLF répondent également quotidiennement à des besoins de conseils en négociation contractuelle et en démarches administratives.

Parallèlement, nous travaillons à une alternative structurée avec des universitaires, des éditeurs indépendants et toutes les organisations prêtes à contribuer à une médiation réellement interprofessionnelle, gratuite, transparente et au service des deux parties.

Une position claire : transparence, représentativité, équilibre

Nous restons pleinement ouvertes à toutes les organisations prêtes à s’engager dans une démarche fondée sur :

– la représentativité,
– la transparence,
– l’équilibre des forces,
– l’accessibilité,
– et la défense réelle des droits des auteurs.

Une médiation ne peut être ni un instrument de contrôle, ni un filtre pré-judiciaire imposé, ni un outil de domination institutionnelle. Elle doit être un espace de confiance et d’équité, ce qui malheureusement ne nous semblait pas être le cas avec le projet AMAEL, nous avons donc décidé de nous retirer des échanges.

Sécurité sociale : tout se joue aujourd’hui !

Demain ou après-demain, l’article 5 sera voté à l’Assemblée nationale.

On vous explique comment agir en une minute, top chrono.

Après deux semaines de rendez-vous, de travail juridique et d’interpellations… nos amendements seront portés demain au vote de l’Assemblée Nationale.

Le vote qui s’annonce sera historique.

Vos interpellations fonctionnent. Oui, vous avez bien lu : nous pouvons bloquer les régressions, mais aussi obtenir des avancées sociales majeures.

ce qui sera mis au vote :

  • Reconnaissance de la qualité de travailleurs
  • Clarification des partenaires sociaux
  • Accès à la démocratie sociale et aux élections professionnelles
  • Rétablissement des commissions d’affiliation et d’action sociale
  • Instauration d’une action sanitaire
  • Refus de la dématérialisation obligatoire
  • Simplification de la circulaire de rachat de cotisations

Mais attention : les 24 prochaines heures seront décisives.

C’est à vous de jouer

Rendez-vous sur notre plateforme d’interpellation

Saisissez vos coordonnées : le site trouvera automatiquement votre parlementaire.

Un mail rédigé par nos équipes est prêt : personnalisez-le en vous présentant et en précisant votre métier créatif.

Nous voulons :

  • la reconnaissance du scandale AGESSA,
  • la démocratie sociale,
  • une représentativité légitime,
  • la fin des bricolages,
  • une gouvernance réelle,
  • et l’application du droit commun en matière de protection sociale.

Plus que 24 heures… on peut le faire !