La facturation électronique et les auteurs et autrices du livre

Rédigé par Frédéric Maupomé, ce guide vous informera de tout ce qu’il faut savoir concernant la facturation électronique !

La facturation électronique arrive à grands pas, beaucoup d’auteurs et autrices se demandent si cette nouvelle obligation les concerne? La réponse est oui, ce document a pour ambition de mettre les choses au clair de manière simple.

La facturation : rappels utiles

Il est possible d’être auteur et autrice sans jamais faire de facture, à condition de percevoir uniquement des droits d’auteurs versés par des éditeurs, producteurs ou organismes de gestion collective (comme la SOFIA, la SACD, etc.)

Mais si un auteur ou une autrice désire être rémunéré pour des rencontres, ateliers, conférences, lectures, etc. ou vendre sa production (illustrations, planches originales, etc.) alors il ou elle doit être en mesure de faire des factures. Cela nécessite l’obtention d’un numéro SIRET spécifique d’artiste-auteur délivré sur le site de l’INPI.

Quid des “notes de droits d’auteur” ?

Il existe plusieurs appellations pour les factures en français : note d’honoraires, quittance, note d’auteur ou de droits d’auteur, etc. Ces appellations ne changent pas la nature de ce qu’elles sont : des factures. Ainsi, les obligations pour les “notes d’auteurs” sont exactement les mêmes que pour une facture (notamment numéro SIRET, date, etc. les mentions obligatoires sont ici).

La facturation électronique

Tous les auteurs et autrices qui ont un numéro SIRET et sont donc en capacité de faire des factures sont concernés par la réforme de la facturation, même s’ils ou elles sont en franchise de TVA.

Obligations

Si vous êtes concerné.e vous

  • devez émettre vos factures de manière électronique en direction des professionnels au 1er septembre 2027
  • devez être capable de recevoir des factures électroniques à partir du 1er septembre 2026

En pratique : vous devez avoir choisi un fournisseur de facture électronique au 1er septembre 2026. Il existe plusieurs plateformes gratuites pour les indépendants.

Fonctionnement

Une fois que vous aurez choisi votre fournisseur.

  • Vous créez les factures sur sa plateforme. (Avantage : cela vous assurera que toutes les mentions obligatoires sont bien là)
  • Si votre client est un professionnel, il y a un bouton pour transmettre automatiquement la facture.
  • Si votre client est un particulier ou une structure qui ne peut pas recevoir de factures électroniques (certaines associations, les éditeurs étrangers, etc.), vous pouvez fonctionner comme avant la réforme (facture au format libre, que vous pouvez établir et télécharger sur le portail de votre fournisseur). Il y aura une obligation de ‘e-reporting’ c’est-à-dire un signalement de la facture à l’administration fiscale (ce n’est pas encore actif, ce sera probablement un bouton à cliquer dans l’interface)
  • Si votre client est une entité publique, vous ferez votre facture sur la plateforme, puis vous la téléchargerez et la mettrez sur Chorus pro comme avant la réforme. Il faudra également faire un ‘e-reporting’.

Chaque fournisseur aura sa propre interface, mais ils ont tous des tutoriels explicatifs.

FAQ

Comment cela fonctionne-t-il pour les remboursements de frais ?

Normalement, les remboursements de frais que vous avez engagés doivent figurer sur votre facture. Le remboursement de ces frais rentrera dans votre chiffre d’affaires. Le taux de TVA applicable éventuel est celui de l’opération principale.

Comment déclarer aux impôts les revenus issus de mes factures ?

D’une manière générale :

  • vous pouvez déclarer en traitement et salaires les droits d’auteurs (uniquement !) versés par vos éditeurs, producteurs et organismes de gestions collectives
  • vous pouvez également déclarer ces revenus en BNC
  • vous devez déclarer en BNC (bénéfices non commerciaux) tous vos autres revenus artistiques. Vous pouvez opter pour le régime simplifié dit micro bnc (sous conditions d’avoir des revenus artistiques totaux inférieurs à 83600 € annuels), ou vous pouvez opter pour le régime de déclaration contrôlée (souvent appelé “aux frais réels”)

Dans la plupart des cas, déclarer la totalité de vos revenus en BNC peut constituer une simplification et un gain financier (moins d’impôts, et moins de cotisations sociales).

Puis-je indiquer le précompte sur ma facture ?

L’obligation de précompte ne concerne que les diffuseurs (cela suppose qu’il y ait eu un contrat de cession de droits sur l’œuvre ou les œuvres diffusées par lui, par exemple pour une exposition.) Dans ce cas, vous pouvez mentionner le précompte sur la facture.

Cette pratique n’est cependant pas recommandée. Nous vous conseillons de fournir votre dispense de précompte et de gérer vous-même vos cotisations sociales : c’est la seule manière de vous assurer qu’elles seront bien versées (on a vu des diffuseurs faire faillite, ou des diffuseurs qui ne versaient pas les cotisations). Si vous voulez que votre diffuseur vous précompte, il faudra lui demander un certificat de précompte en plus de votre facture.

À noter : un établissement qui vous invite à faire une rencontre, un atelier, etc. n’est pas diffuseur, il ne procède pas, lui, à la diffusion d’une œuvre.
Pouvez-vous me recommander un outil de facturation gratuit ?

On nous demande souvent quel outil de facturation électronique choisir. La plateforme Indy nous a contactés et démontré que son outil fonctionnait pour les artistes-auteurs : https://www.indy.fr/comptabilite-artiste/. L’offre gratuite permet d’accéder à un logiciel de comptabilité, un outil complet de devis et de facturation, un compte bancaire pro avec carte de paiement.

Nous précisons que cette recommandation est faite à titre gratuit. Si votre société propose un outil de facturation électronique gratuit prêt pour les artistes-auteurs, n’hésitez pas à nous contacter pour que nous le testions.

Vous pourrez trouver en ligne nombre de sites proposant des comparatifs entre les différents fournisseurs et choisir celle qui vous convient le mieux.

Calendrier de la Ligue 2026

Pour vous accompagner au mieux dans toutes vos démarches administratives, la Ligue vous propose son calendrier 2026 !

Urssaf, impôts, Ircec, bourses, action culturelle… Vous trouverez toutes les dates importantes et les moments propices pour vos déclarations.

Le calendrier sera mis à jour tous les mois en fonction des nouvelles informations que nous recevrons et un rappel vous sera fait sur nos réseaux sociaux.

Vous trouverez également une notice à la fin du calendrier pour vous expliquer quelques notions importantes.

Pour le mois de janvier :
– En premier lieu, profitez de ce mois pour créer et mettre à jour vos espaces personnels sur les différents sites administratifs : impôts, Urssaf, Ircec, Sofia, Adagp, PassCulture/Adage…
– 09/01 : ouverture des dépôts des aides CNL pour la session de mai/juin 2026
– 15/01 : paiement trimestre 1 Urssaf
– 20/01 : clôture des dépôts action culturelle de la SAIF 1e session
– Si vous êtes dispensé de précompte : envoi de la dispense reçue par l’Urssaf à vos éditeurs.

Crise Grasset : pour une protection effective des auteurs et autrices et de la liberté d’expression

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Paris, le 27 avril 2026

La Ligue des auteurs professionnels et la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse prennent acte, avec gravité et sang-froid, de la crise traversée par les auteurs et autrices publiés chez Grasset suite au licenciement de leur PDG.

Cette mobilisation sans précédent est d’autant plus légitime qu’elle révèle des déséquilibres structurels anciens. Nous, auteurs et autrices, demeurons juridiquement dépendants de groupes éditoriaux qui détiennent les droits d’exploitation de nos livres bien au-delà de ce que l’intérêt de la création justifie. Cette dissymétrie limite de fait notre capacité à agir lorsque l’indépendance éditoriale ou notre éthique nous semblent menacés.

De plus, le détournement désormais massif du mécanisme de l’à-valoir fragilise encore davantage notre situation. Légitime lorsqu’il est là pour nous assurer une avance estimée sur le potentiel succès à venir de l’exploitation de nos droits, il ne l’est plus lorsqu’il est détourné pour rémunérer notre travail de création, quand celui-ci précède et conditionne la cession des droits. Une pratique qui n’existait pas il y a vingt ans dans la bande dessinée, et qui paralyse aujourd’hui notre capacité à bénéficier du succès de nos œuvres, nous obligeant à rembourser un travail qui nous a pourtant été demandé.

Les revendications exprimées ces derniers jours autour d’une « clause de conscience » traduisent une aspiration claire, celle de disposer de mécanismes effectifs permettant aux auteurs et autrices de ne pas être liés à des situations contraires à leur éthique. Si cette revendication est forte politiquement, elle se heurte à une lacune que nous dénonçons de longue date : l’absence de conventions collectives et de mécanismes de protection adaptés à notre époque pour l’ensemble des 33 métiers de la création en France.

Cette crise n’est pas un accident isolé. Elle s’inscrit dans une histoire longue. Dès 1936, Jean Zay portait l’ambition d’un véritable statut de l’auteur, garantissant son indépendance par une limitation dans le temps de la cession des droits. Ce projet fut à l’époque détruit par les grandes maisons d’édition, dont Bernard Grasset. Depuis lors, les évolutions législatives ont largement consolidé la position des groupes éditoriaux, laissant les auteurs et autrices sans véritable levier collectif contraignant.

Pendant ce temps, d’autres pays européens avançaient. En Espagne, la loi limite à quinze ans la durée de cession des droits d’auteur. En France, les contrats d’édition sont le plus souvent des contrats d’adhésion, présentés aux auteurs comme à prendre ou à laisser, qui captent leurs droits pour toute leur vie et soixante-dix ans après leur mort.

Les États Généraux de la BD, présentés à l’Assemblée nationale en mars dernier, illustrent l’ampleur de la crise :

55 % des auteurs et autrices professionnels de BD n’atteignent pas le SMIC — 37 % vivent sous le seuil de pauvreté — 89 % se sentent abandonnés par les pouvoirs publics.

Aujourd’hui, un tournant est possible. Le rattachement progressif de l’ensemble des artistes-auteurs au champ du travail et les perspectives ouvertes par les récentes évolutions institutionnelles peuvent enfin permettre d’engager une refondation du cadre social et contractuel. Encore faut-il en faire une priorité politique et collective.

Dans l’immédiat, nos organisations affirment leur mobilisation totale pour accompagner individuellement les auteurs et autrices concernés, soutenir les dynamiques collectives en cours et contribuer, aux côtés de juristes, avocats et parlementaires, à la construction de projets de loi à court et moyen terme.

Au-delà de l’urgence, nous appelons à un rassemblement de l’ensemble des auteurs et autrices de tous les secteurs du livre et à une réponse collective à la hauteur des enjeux.

Dans l’esprit de Jean Zay, il est temps de donner aux créateurs et créatrices de notre pays un véritable statut.

 

La Ligue des auteurs professionnels

La Ligue des auteurs professionnels est un syndicat d’auteurs et d’autrices du livre. Elle rassemble aujourd’hui près de 3 000 membres issus de tous les secteurs de l’édition (littérature générale, bande dessinée, jeunesse, documentaire, etc.). Le syndicat œuvre à la défense collective des intérêts de la profession, à l’amélioration des conditions de création et de rémunération, ainsi qu’à la reconnaissance pleine et entière du statut professionnel auprès des pouvoirs publics et des acteurs du secteur. La Ligue des auteurs professionnels est membre de l’intersyndicale artistes-auteurs.

La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse

La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse est une association de défense des droits des créateur·ices du livre jeunesse, qui fédère aujourd’hui 1 600 adhérent·es. Acteur majeur du secteur depuis 1975, elle fait entendre la voix des auteur·ices et illustrateur·ices auprès des institutions publiques à travers des prises de position, des recommandations tarifaires et des actions collectives. Elle agit pour la reconnaissance professionnelle des artistes-auteur·ices, la juste rémunération et la promotion de la littérature jeunesse auprès du grand public. La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse est membre de l’intersyndicale artistes-auteurs.

FESTIVAL DE LA BD DE PERROS-GUIREC : JOURNÉE PROFESSIONNELLE

L’équipe de la Ligue des auteurs professionnels a le plaisir de vous annoncer l’organisation d’une journée professionnelle lors de la 32ème édition du Festival de BD de Perros-Guirec.

♦ samedi 25 avril
♦ 10h à 11h30

Thème : Continuité de revenus des artistes-auteurices

 

♦ samedi 25 avril
♦ 14h30 à 16h30

Thème : IA et impacts pour les métiers de la création

 

Ces deux temps seront animés par Stéphanie Le Cam, directrice de la Ligue.

 

 

L’OUEST HURLANT : FAIRE ENTENDRE LA VOIX DES ARTISTES-AUTEURICES

L’équipe de la Ligue des auteurs professionnels est heureuse de vous annoncer l’organisation d’une conférence à l’occasion du festival L’Ouest Hurlant qui se tient les 25 et 26 avril 2026 à Rennes. Cette table ronde abordera les enjeux contemporains de la défense des droits des artistes-auteurices.

 

♦ 26 avril à 14h
♦ Salle SMAGUE
♦ Gratuit – Tous publics – Accès PMR

 

Thème : Faire entendre la voix des artistes-auteurices En 2026, ces derniers doivent encore mener des combats essentiels pour faire évoluer leurs droits et tendre vers davantage d’équité sociale. À l’heure des réseaux sociaux, comment mobiliser ? Comment interpeller efficacement l’opinion publique ?

 

Invité·es :

  • Yaneck Chareyre, consultant en stratégie de communication digitale & storytelling (spécialisé bande dessinée)
  • Marie-Lou Dulac, autrice et présidente de Women in Games France
  • Stéphanie Le Cam, directrice de la Ligue des auteurs pros et co-directrice de l’ISSTO
  • Jolan Bertrand, auteur jeunesse (prix jeunesse de L’Ouest Hurlant 2023)

Modération : Bénédicte Coudière, journaliste et autrice

 

Communiqué intersyndicale des artistes-auteur·ices du 21 avril 2026

LE MINISTÈRE DE LA CULTURE ORGANISE LE DÉTOURNEMENT DU VOTE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

L’intersyndicale des artistes-auteur·ices dénonce avec la plus grande gravité le projet de décret d’application de l’article 5 du PLFSS présenté par le ministère de la Culture. Six mois après un vote parlementaire historique, le gouvernement ne se contente pas de ralentir la réforme : il en organise méthodiquement le contournement.

 

Une trahison délibérée de la volonté démocratique

Le décret présenté le 16 avril 2026 au ministère de la Culture ne met pas en oeuvre la loi : il en dénature le sens, en inverse la logique et en trahit l’objectif politique.

L’Assemblée nationale avait posé un principe clair et sans ambiguïté : redonner aux artistes-auteur·ices la maîtrise de leur protection sociale et tourner définitivement la page du scandale Agessa.
Un vote obtenu avec 255 voix pour et 1 voix contre.

Le ministère fait aujourd’hui exactement l’inverse :
> Maintien de la SSAA-Agessa
> Report des élections professionnelles à un prochain décret sans lancer les travaux préparatoires ou les développement informatiques nécessaires
> Réintégration des organismes de gestion collective pourtant exclus lors du vote à l’Assemblée

Il ne s’agit plus d’une interprétation : c’est une reprise en main administrative assumée, en contradiction frontale avec la volonté du législateur.

 

Rien ne change : l’Agessa consolidée

Malgré des décennies de scandales, malgré les alertes répétées, malgré les recommandations de la Cour des comptes : rien ne change.

La SSAA-Agessa demeure avec la même structure et les mêmes acteurs, et se voit même selon le décret doté d’un nouveau rôle consultatif pour « tout projet ou mesure législative ou réglementaire qui porte spécifiquement sur les règles de sécurité sociale des artistes-auteurs ». Le système issu de l’Agessa, dont les dysfonctionnements ont privé au moins 190 000 artistes-auteur·ices de leurs droits à la retraite, est aujourd’hui consolidé et renforcé. Ce choix n’est pas neutre. Il traduit une décision politique claire : ne pas réformer, ne pas réparer, ne pas rendre de comptes.

 

Gouvernance et élections sont indissociables : quelles « branches professionnelles » ?

Tenter de dissocier la gouvernance des élections dans deux décrets distincts relève au mieux d’une incohérence, au pire d’une stratégie visant à repousser indéfiniment la mise en place d’un véritable processus démocratique.
Ces deux dimensions, gouvernance et élection, sont en réalité indissociables. La loi elle-même fonde la représentation sur des « branches professionnelles » qui, en l’absence de conventions collectives, n’ont aucune existence légale pour les artistes-auteur·ices.
Or, de cette « répartition des sièges par branche » – dont les contours restents flous et non débattus – dépendront direction :
> le découpage électoral,
> la composition du Conseil d’administration et des commissions

En l’état, le gouvernement prétend donc fixer une gouvernance sans en définir les bases démocratiques.
Une telle démarche est intenable : la question hautement sensible, desdites « branches » doit être clarifiée et discutée en amont. A défaut, c’est l’ensemble de l’architecture démocratique de la réforme qui repose sur des fondations incertaines.

 

Nous refusons ce passage en force

L’intersyndicale des artistes-auteur·ices exige :
> le respect du vote de l’Assemblé nationale et de l’esprit du législateur
> la mise en place immédiate d’un calendrier pour les élections professionnelles avant fin 2026
> l’agrément d’une nouvelle structure sur appel à candidatures
> la réparation effective du scandale Agessa
> la seule présence des représentants élus des artistes-auteur·ices affilié·es, des représentant·es des diffuseurs ainsi que des représentant·es de l’Etat

Nous appelons l’ensemble des artistes-auteur·ices à se tenir prêts pour une nouvelle mobilisation.

 

Nous ne laisserons pas faire

Ce décret n’est pas un texte d’application : c’est une tentative de neutralisation politique d’une réforme démocratique. Nous utiliserons tous les moyens nécessaires – juridiques, syndicaux et politiques – pour faire échec à ce détournement. Les artistes-auteur·ices ne sont pas une variable d’ajustement. Ils et elles sont les premiers concernés et entendent enfin pouvoir piloter leur régime social.
Dans un contexte déjà marqué par la crise du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, il est irresponsable que les ministères de tutelle exercent une telle pression à l’égard des créateurs et créatrices de ce pays.

Nous appelons solennellement à l’ouverture d’un véritablement dialogue social, au respect de la loi et de la démocratie sociale.

 

Liste des organisations signataires :

  • Aliance France design
  • Association des auteurs de bande dessinée (adaBD)
  • Association des traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel
  • Backstory l’Association
  • CGT Spectacle
  • Comité pluridisciplinaire des artistes-auteurs et autrices
  • États généraux de la bande dessinée
  • La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse
  • La Ligue des auteurs professionnels
  • Société des Auteurs de Jeux
  • Syndicat CGT des Artistes-Auteurs et Autrices de l’Ecrit et de la Musique – SAEM-CGT
  • Syndicat des écrivains de langue française
  • Syndicat des Scénaristes
  • Syndicat des Travailleur·euses Artistes-Auteur·ices – CNT-SO
  • Syndicat français des compositrices et compositeurs de musique contemporaine – SMC
  • Syndicat National des Artistes-Auteurs Force Ouvrière
  • Syndicat National des Artistes Plasticien·nes CGT – SNAP-CGT
  • Syndicat national des photographes
  • Syndicat national des sculpteurs et plasticiens
  • Union Nationale des Peintres-Illustrateurs

WEBINAIRE LES IMAGINALES 24 avril 2026 – Tout ce que vous devez savoir avant de signer un contrat d’édition (en 1 heure chrono) !

Le manuscrit est terminé. Les maisons d’édition sont identifiées. Le pitch est rodé et les e-mails, prêts à être envoyés.

Mais es-tu sûr·e de savoir où tu mets les pieds ?

En une heure chrono, la Ligue des Auteurs Professionnels, en partenariat avec le festival des Imaginales, te présente l’essentiel à savoir avant de démarcher des éditeurices.

Avec ce webinaire, tu vas comprendre :

– Comment l’auteurice s’inscrit dans la chaîne du livre
– La nature du contrat d’édition et de la relation auteurice-éditeurice
– Les faux-pas à éviter pour ne pas se tirer une balle dans le pied
– Où trouver une information fiable pour approfondir le sujet

Nous te donnons rendez-vous vendredi 24 avril 2026, à 18h00. La présentation sera suivie d’un temps d’échanges avec les participant·es pour répondre à toutes tes questions.

Accès gratuit. Inscription sur ce lien.

Merci à l’équipe des Imaginales pour la co-organisation de ce temps d’échanges !

 

Communiqué inter orga BD du 15 avril 2026

 

MÉPRIS DU SNE, DU CNL ET DE L’ÉTAT : APRÈS ANGOULÊME, COMBIEN DE CRISES FAUDRA-T-IL ENCORE ?

L’interorganisation des auteur·ices de BD prend acte, avec une grande surprise et une profonde déception, de l’absence de responsables du Syndicat national de l’édition (SNE), du Centre national du livre (CNL) et de représentants de l’État lors de la présentation officielle des résultats de l’enquête 2025 des États Généraux de la Bande Dessinée (EGBD) à l’Assemblée nationale – et ce malgré l’invitation formelle qui leur avait été faite.

Ce silence institutionnel est un signal politique. Il est aussi une faute.

Rappelons que les éditeurs indépendants du SEA étaient, eux, présents. Rappelons aussi qu’en quelques semaines, la Foire du livre de Bruxelles a su, elle, organiser une réception à la hauteur des enjeux portés par l’enquête conduite par les EGBD. En France, rien. Ce contraste est accablant.

Alors même que la situation sociale des autrices et auteurs de bande dessinée n’a jamais été aussi critique, les principaux acteurs censés participer au dialogue social choisissent l’absence. Cette désertion intervient dans un contexte déjà explosif. En effet, la crise majeure qui a conduit au boycott par les autrices et auteurs du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, puis à son annulation, a démontré l’ampleur du malaise et l’échec d’un dialogue social devenu inopérant.

Dans le même temps, les avancées attendues suite à la mobilisation historique pour amender l’article 5 du Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale (PLFSS), mobilisation qui devait ouvrir la voie à des réformes structurelles du cadre social des artistes-auteurs, sont aujourd’hui à l’arrêt.

Plus préoccupant encore, certains événements soutenus par des financements publics semblent évoluer en totale déconnexion avec la réalité sociale des artistes-auteurs. Ainsi, le Festival du Livre de Paris, organisé par le SNE, financé notamment par la SOFIA et le CFC, prétend mettre aujourd’hui la bande dessinée à l’honneur tout en apparaissant largement à côté des enjeux et des préoccupations concrètes des autrices et auteurs. En effet, après un partenariat incompréhensible avec Amazon, après une absence de droits de monstration, après le fait que les autrices et auteurs ne pouvaient obtenir une entrée gratuite en tant que professionnel·les, nous découvrons qu’aucun débat ou table ronde ne sera consacré aux résultats – pourtant si alarmants – des États Généraux de la Bande Dessinée.

Ces faux pas et cette indifférence envers ce qui angoisse aujourd’hui les autrices et auteurs sont inacceptables. Tout cela soulève des questions sur les priorités et la compréhension des institutions concernant la situation de ceux qui sont à la base de toute la filière livre, un secteur qui constitue pourtant un pilier culturel majeur.

Que faut-il de plus ? Combien de signaux d’alerte seront encore ignorés ?

L’absence du CNL, du SNE et de l’État à la présentation des résultats de l’enquête des EGBD, quelques semaines seulement après la crise de grande ampleur du festival d’Angoulême, ne peut être interprétée que comme du mépris pour les autrices et auteurs. L’absence d’invitation à parler de ces résultats au Festival du Livre de Paris traduit à son tour le même mépris pour les autrices et auteur, ainsi que pour leurs conditions de vie, leurs difficultés sociales et financières, leur travail, etc.

Ces instances ne pourraient pas mieux s’y prendre pour attiser la colère et nourrir un sentiment désormais largement partagé : celui d’être abandonné. Pour beaucoup, il ne s’agit pas d’un débat abstrait. Les autrices et auteurs qui lisent le rapport des EGBD le disent : c’est leur vie.

Face à cette situation, l’Inter-organisation des auteur·ices de BD annonce le lancement immédiat d’une initiative ambitieuse : un plan de sauvegarde des métiers des auteurs du livre.

Ce plan sera élaboré en concertation avec l’intersyndicale des artistes-auteur·ices et les acteurs de bonne volonté de la filière, comme, par exemple, les représentants des éditeurs indépendants, des festivals et des OGC venus, eux, à la présentation à l’Assemblée nationale. Ce plan visera à consolider les propositions concrètes existantes et en formuler d’autres, structurelles et applicables sans délai, pour garantir des conditions de travail et de vie dignes.

En parallèle, nous demandons que ce qui a été voté dans le cadre du PLFSS par l’Assemblée nationale soit enfin appliqué par le ministère de la Culture.

Il y a urgence.

Nous appelons l’ensemble des pouvoirs publics, des organisations professionnelles et des acteurs de la chaîne du livre à sortir de l’inaction et à s’engager dans un dialogue réel, à la hauteur de la crise que traverse le secteur.

Faute de quoi, la mobilisation des autrices et auteurs ne pourra que s’intensifier. Nous avions prévenu en vain avant le festival d’Angoulême du danger qu’il y avait à ne pas répondre à la colère des autrices et auteurs. Va-t-on devoir attendre qu’elle dévaste tout pour être enfin entendu ?

 

Liste des organisations signataires :

  • États Généraux de la Bande Dessinée
  • Ligue des auteurs professionnels
  • Charte des Auteurs et Illustrateurs de Jeunesse
  • STAA CNT-SO
  • SNAP CGT
  • ABDIL
  • SCAA

 

Ligue et Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de l’Université de Lille – CN2PI 1er, 2 & 3 avril 2026

Pour cette année 2026, la Ligue était une nouvelle fois soutien du CN2PI – Concours National de Plaidoirie en Propriété Intellectuelle !

La Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de l’Université de Lille a accueilli la 17ème édition du CN2PI qui s’est tenue du 1er au 3 avril 2026.

A cette occasion, 18 équipes représentant les meilleures formations en propriété intellectuelle de France se sont retrouvées afin de s’affronter autour de plaidoiries mêlant droit des marques et droit des brevets.

L’occasion idéale pour les étudiant·es de rencontrer leurs pairs, mais également l’ensemble de l’écosystème de la propriété intellectuelle : avocat·es, conseils en propriété industrielle, enseignant·es, magistrat·es, éditeurices et institutions.

Fervente défenseuse du droit d’auteur, la Ligue s’est réjouie d’être partenaire de cet événement ô combien important, et félicite l’équipe de Montpellier pour sa victoire !

LE GYROSCOPE : LA PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE – DROITS D’AUTEUR, BREVET ET MARQUE

Le Gyroscope, en partenariat avec la ville de Saint-Étienne, a organisé le 26 mars dernier un temps d’information professionnelle autour de la propriété intellectuelle à destination de tous les artistes-auteureurices stéphanois·es ! La Ligue a été invitée à animer ce temps d’échange et d’information.

Pendant deux heures, Jade Desvignes, responsable juridique de la Ligue, a proposé de (re)passer en revue les grands principes de la propriété intellectuelle, que ce soit bien évidemment les droits d’auteur, mais aussi les problématiques du brevet et du dépôt de marque.

L’occasion d’échanger autour de ces sujets ô combien essentiels dans une activité de création, et pourtant encore abstraits pour grand nombre d’artistes !

Ce temps s’est adressé à tous·tes les professionnel·les des arts visuels de la métropole stéphanoise : plasticien·nes, photographes, vidéastes, designer·euses, illustrateur·rices… mais aussi toutes les personnes souhaitant collaborer avec des artistes !

Nous remercions le Gyroscope pour cette invitation !

EGBD – RÉSULTATS DE L’ENQUÊTE 2025

Les résultats de l’enquête 2025 des États Généraux de la Bande Dessinée sont arrivés ! Et ils sont très inquiétants !

L’enquête fait état d’une profession de plus en plus fragile. Alors, on y apprend quoi ?

– Une féminisation grandissante : En 2015, les autrices de BD représentaient 27 % du total et les auteurs 72 %. Elles sont aujourd’hui 37 %. Moins réjouissant : elles sont globalement moins payées que leurs collègues masculins.

– Moins de jeunes qu’il y a dix ans : C’est une des surprises de l’enquête. S’il y a dix ans les moins de 40 ans représentaient 56 % de l’échantillon, ils ne sont plus que 42 % aujourd’hui. Cette baisse très significative pourrait correspondre à un recul des vocations.

– Un niveau de formation très élevé : Les deux-tiers des répondants ont un niveau d’études supérieur ou égal à la licence, les autrices étant nettement plus diplômées que les auteurs. Les formations spécialisées dominent et l’enseignement privé prend une part de plus en plus importante.

– Un travail astreignant : La réalisation d’une bande dessinée n’est pas qu’un acte de création, c’est aussi une pratique minutieuse qui exige beaucoup de
temps. Une bonne moitié des auteurs et autrices dépassent largement les 35 heures et travaillent plusieurs week-ends par mois.

– Des auteurs qui peuvent moins se consacrer à la bande dessinée : les revenus des auteurs et autrices ne proviennent que pour moitié de la bd. le complément d’un ou plusieurs autres métiers est inévitable pour la plupart, ce qui ne va pas sans inconvénients pour l’ensemble de la chaîne du livre.

– Des auteurs de plus en plus pauvres : si en termes macro-économiques le secteur de la bande dessinée a progressé depuis dix ans, autrices et auteurs ont continué à voir leurs revenus diminuer. 55 % de ceux qui se considèrent comme professionnels n’atteignent pas le smic et 37 % vivent sous le seuil de pauvreté.

– Des autrices particulièrement fragilisées : les femmes sont encore plus touchées que les hommes par la précarité. près de la moitié des autrices vivent sous le seuil de pauvreté. la fréquence des atteintes sexistes ou sexuelles aggrave encore le tableau.

– Des droits sociaux méconnus ou inaccessibles : auteurs et autrices sont nombreux à mal connaître leurs droits sociaux. les arrêts maladie comme les congés maternité, paternité ou adoption sont très difficiles à faire valoir.

– Des relations contrastées avec les éditeurs : si autrices et auteurs entretiennent plutôt de bonnes relations avec leurs responsables éditoriaux, ils se montrent beaucoup plus critiques à l’égard des maisons d’édition. la promotion des livres est notamment considérée comme insatisfaisante.

– Beaucoup plus d’engagement collectif : Auteurs et autrices sont presque 60 % à adhérer à un ou plusieurs syndicats ou organisations professionnelles. Beaucoup trop d’auteurs se sentent abandonnés par les pouvoirs publics.

– Un avenir toujours plus incertain : 74 % des répondants craignent de voir leur situation se dégrader dans un avenir proche. L’utilisation des IA génératives accroît une inquiétude plus globale sur l’avenir du métier.

 

PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE A L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Ces résultats ont été présentés à l’Assemblée nationale le 23 mars 2026 par l’équipe des EGBD composée Sylvain Aquatias, Denis Bajram, Valérie Mangin et Benoît Peeters, devant une salle de 80 personnes composées d’auteurices, journalistes, agents d’OGC et éditeurices.

Cette présentation s’est poursuivie par un débat mené par Eglantine de Boissieu, directrice de la Saif, et Stéphanie Le Cam, directrice de la Ligue. Les échanges avec la salle ont mené à se questionner sur une « économie de la pauvreté […] dans laquelle la pauvreté est non pas accidentelle mais organisée » (E. de Boissieu) et sur la façon par laquelle il est possible de lutter contre ce non-recours aux droits.


Pour terminer cet après-midi, Samantha Bailly, administratrice à La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse et co-fondatrice de la Ligue, était entourée de Mesdames la Sénatrice Monique de Marco, la Députée Soumya Bourouaha et la Députée Céline Calvez, pour discuter élections professionnelles, statut et continuité de revenus.

Nous remercions Madame la Ministre Camille Galliard-Minier de nous avoir ouvert les portes de l’Assemblée nationale pour la présentation des EGBD 2025 ; Mesdames Bourouaha, Calvez et de Marco pour leur présence et leur soutien.

 

« A force de demander aux auteurs de tenir grâce à leur passion, on finit par utiliser cette passion comme un substitut à tout le reste : au revenu, à la protection, à la reconnaissance concrète, à la sécurité. Et c’est là que le danger devient politique, culturel, presque moral. Car une société qui aime la bande dessinée mais laisse ses auteurs s’appauvrir prend le risque, un jour, de ne plus avoir que les albums du souvenir à célébrer. »

Bravo ZOO pour cet article paru suite aux EGBD à retrouver sur ce lien.