Une illustration pour valoriser les métiers de la mer au détriment du respect des métiers de la création

Une illustration pour valoriser les métiers de la mer au détriment du respect des métiers de la création

Pourquoi les conditions de ce concours sont-elles problématiques ?

La Ligue a récemment été alertée par ses adhérents de l’organisation d’un concours par les éditions Glénat et la Fondation de la mer. Même si nous saluons la démarche écologique du projet, nous dénonçons les conditions contractuelles proposées, ou plutôt imposées, aux artistes-auteurs et autrices, tant elles sont absolument irrespectueuses de leurs intérêts juridiques et économiques.

En effet, cet appel correspond à un cahier des charges professionnel (sujet imposé, public ciblé et exigences de résolution techniques), toutefois, il ne respecte absolument par les pratiques éthiques de notre écosystème en mettant en rivalité les artistes-auteurs et autrices ayant rendu leur projet, en les privant d’information quant au sort des travaux envoyés, en les rémunérant (pour les élus) bien en-deçà des pratiques courantes du milieu, en portant atteinte à leurs droits d’auteur… En somme, ce concours, dans sa forme, est un réel contrat professionnel, mais n’en comporte aucun des avantages dévolus à l’auteur.

Cette méthode de « concours » se base sur le travail bénévole des artistes-auteurs et autrices, lesquels doivent fournir un travail conséquent sans aucune certitude d’être rémunérés. En outre, en réservant le concours aux seuls « professionnels », les organisateurs montrent sans complexe leur volonté de ne recevoir que les propositions des expérimentés, sans se soucier d’une contrepartie à la hauteur de ces compétences acquises de l’expérience.

Très différent d’un simple appel d’offre lequel impliquerait que l’illustrateur présente son projet et ses devis avant d’envisager la signature du contrat, ce concours impose ici de manière intolérable à tous les artistes-auteurs et autrices de consacrer une charge importante de travail sans certitude d’être l’un des trois lauréats.

Or, si la méthode est de fait très contestable, les modalités sont en plus absolument intolérables. Pour les trois « élus », la seule contrepartie prévue est de 2.000 euros et elle vise à la fois le travail de création, mais aussi de la cession extrêmement large de tous les droits de propriété intellectuelle ainsi que le transfert de propriété du support original de l’œuvre.

De plus, le règlement prévoit que la participation « implique l’acceptation entière et sans réserve par le Lauréat de la cession de droits sans autre rémunération que la dotation prévue au présent règlement », privant alors les artistes-auteurs et autrices de l’un des droits les plus élémentaires : la négociation de leurs contrats.

On notera également l’irrespect le plus complet du droit à l’image des participants par l’ajout d’une clause énonçant que le seul fait de participer au concours vaut accord pour l’exploitation de ce droit à titre gratuit…

Et pour couronner le tout, les Organisateurs se réservent « le droit pour quelque raison que ce soit, de modifier, de prolonger, d’écourter, de suspendre ou d’annuler l’appel à illustrations sans que leur responsabilité ne soit engagée et ce sans aucune indemnisation ». Privés de leur droit à être indemnisés, les candidats s’interdisent d’élever toute réclamation ou demande de dédommagement à ce sujet.

La Ligue condamne fermement ce système de concours qui, encore et toujours, met à la charge des artistes-auteurs et autrices un travail conséquent sans rémunération appropriée et sans aucune possibilité de négocier les contrats de cession.

Le respect du travail et des droits des artistes-auteurs et autrices n’est pas une option, mais une obligation incombant à tous les acteurs de l’écosystème de la création.

Nous demandons que les organisateurs de ce concours modifient sans délai l’ensemble des conditions de cet événement et invitons toutes les personnes susceptibles de reproduire ces pratiques scandaleuses à la plus grande vigilance ! La Ligue soutient toutes démarches visant à détecter de nouveaux talents à condition qu’elles se fassent dans le respect de notre statut et de nos droits.

Assemblée générale de la Ligue – Bilan moral 2021-2022

La Ligue est devenue un syndicat qui défend une vision « travailliste » du statut d’artiste-auteur indépendant : nous exerçons, chacun.e à notre façon, un métier, et plus nous disposons d’outils, de compétences et de savoir, plus nous sommes à même de l’assumer.

Pour cela, la Ligue a accompagné des artistes-auteurs par son aide technique et juridique, face aux éditeurs, aux organismes de gestion collective et aux pouvoirs publics. Elle a interpellé ceux-ci, participé à de longues sessions de négociation, et eu lorsque nécessaire recours à des actions en justice. Elle a également mis en place des ateliers de formation en visioconférence, proposé un plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, formulé 30 propositions pour changer l’écosystème du livre, réalisé une trentaine de web émissions et capsules vidéo d’information et de débat ; elle est intervenue dans une dizaine de festivals nationaux sur des sujets touchant aux professions et aux droits des artistes-auteurs et a organisé plusieurs « hackathons », rencontre interprofessionnelle de réflexion autour des enjeux de l’activité d’artiste-auteur. Celui de février 2022 à Rennes a permis de développer un outil de facturation à destination des auteurs et autrices, une charte d’engagement des festivals contre les violences sexistes et sexuelles, ainsi que la rédaction d’un contrat équitable encadrant le travail de création.

Toutes ces actions sont reprises et développées dans le bilan soumis au vote de l’AG.

Plus généralement, au cours des dernières années et malgré la crise sanitaire – ou grâce à celle-ci, d’une certaine façon – la position de la Ligue des Auteurs Professionnels dans le paysage éditorial français a évolué : l’association d’abord axée sur la dénonciation médiatique des inégalités et anomalies a pris une place de plus en plus déterminante en proposant des analyses et une expertise qui font de la Ligue une interlocutrice de plus en plus crédible, voire incontournable, dans les négociations et les réflexions sur l’avenir du livre en France.

Dans les mois et les années à venir, nous chercherons donc à pérenniser cette place, non pas pour le plaisir d’exister et de durer – le renouvellement obligatoire des membres du bureau empêchant tout « pantouflage » et service des intérêts propres – mais pour faire réellement avancer le débat, défendre les artistes-auteur.ices dans tous les aspects de leur carrière et, au-delà, faciliter l’entrée dans les métiers de l’écriture afin de maintenir une création artistique riche, vivante et variée.

Rdv au lien suivant pour décider de l’approbation des bilans moraux et financiers :

Solidarité avec l’écrivain russe Dmitry Glukhovsky

L’écrivain russe de science-fiction Dmitry Glukhovsky fait l’objet de graves menaces sur sa sécurité et sa liberté. Le 13 mai dernier, le tribunal de Basmanny a ordonné qu’il soit placé en détention provisoire par contumace. Aujourd’hui, le ministère russe de l’Intérieur a inscrit l’écrivain sur sa liste des personnes recherchées et a lancé un mandat d’arrêt international contre lui. Son crime ? S’être publiquement élevé contre la guerre menée en Ukraine par les forces au pouvoir au Kremlin. Ce qu’il risque s’il est arrêté ? Jusqu’à quinze ans de prison.

Les syndicats français d’artistes-auteurs signataires de ce communiqué s’élèvent avec la plus extrême vigueur contre cette atteinte caractérisée aux droits humains qui touche l’un de nos confrères et la condamnent fermement. Nous réaffirmons que la liberté d’expression est une composante sine qua non de la liberté de création, où que ce soit dans le monde. Nous exprimons à Dmitry Glukhovsky notre solidarité pleine et entière et notre soutien actif. Nous attendons des autorités françaises qu’elles prennent toutes les initiatives nécessaires auprès des autorités russes pour réaffirmer l’attachement de la France à la liberté d’expression et de création, et pour garantir la liberté et la sécurité de Dmitry Glukhovsky.

« Il n’y a ni bon ni mauvais usage de la liberté d’expression, il n’en existe qu’un usage insuffisant. » Raoul Vaneigem

Signataires :

CAAP – Comité Pluridisciplinaire des Artistes-auteurs et Artistes-autrices)
Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse
Ligue des auteurs professionnels
SELF – Syndicat des Écrivains de Langue Française
SNP – Syndicat National des Photographes
SMDA-CFDT – Solidarité Maison des Artistes CFDT
UNPI – Union Nationale des Peintres Illustrateurs
USOPAVE – Union des Syndicats et Organisations Professionnels des Arts Visuels et de L’Écrit

L’autoédition : un projet doctoral à soutenir !

La Ligue soutient le projet doctoral de Madame Véronique Sucère

Madame Véronique Sucère prépare une thèse en études germaniques à l’Université Bordeaux-Montaigne (laboratoire de recherche Plurielles-CIRAMEC) intitulée “L’autoédition : résurgence et structuration d’un monde parallèle à l’édition traditionnelle en France et en Allemagne (2018-2020)”, sous la direction de Tristan Coignard, professeur en études germaniques.

Elle souhaiterait réaliser une enquête d’envergure sur le sujet de l’autoédition et invite en sens l’ensemble des artistes-auteurs et autrices concernés par l’autoédition à répondre au questionnaire suivant :

Toutes les données collectées par le biais de ce questionnaire et traitées ensuite dans le cadre de ses travaux de recherche seront rendues anonymes.

Les résultats de cette recherche seront susceptibles d’être diffusées ultérieurement, de façon anonyme donc et sous forme de pourcentages, de moyennes ou d’échelles de grandeur, dans des colloques professionnels et scientifiques, dans des revues professionnelles et académiques, et dans des médias spécialisés ou destinés au grand public.

Merci de votre contribution !

L’équipe de la Ligue

Résultats des élections au conseil syndical de la Ligue

 

Les résultats de l’élection au Conseil syndical de la Ligue des auteurs professionnels organisée en ligne sont connus depuis ce matin.

Les membres élus ou réélus sont :

  • Jolan Bertrand
  • Lydie Blaizot
  • Manu Causse
  • Mélanie De Coster
  • Sophie Dieuaide
  • Hélène Duffau
  • Mélanie Launay
  • Dominique Lepape
  • Frédérique Le Romancer
  • Justine Niogret

Le conseil syndical de la Ligue leur souhaite la bienvenue et les félicite pour leur élection ! Ils et elles rejoindront celles et ceux qui ont reçu mandat l’année dernière :

  • Denis Bajram
  • Thomas Fouchault
  • Frédéric Maupomé
  • Elisa Villebrun

Nous remercions chaleureusement tous les candidats d’avoir participé à cette élection et souhaiterions inviter à nouveau tous les membres à s’investir auprès de nos équipes pour continuer à défendre les intérêts moraux et matériels liés à notre profession.

Les sujets sont nombreux, alors n’hésitez pas à nous proposer vos services, la Ligue a besoin de votre aide !

Nous vous donnons rendez-vous le jeudi 16 juin 2022 pour notre assemblée générale, qui se tiendra à 17h en live sur notre chaîne YouTube.

Assemblée générale de la Ligue : 16 juin 2022 à 17h !

 

Chères adhérentes, chers adhérents,
Nous vous invitons à bloquer dans vos agendas la date du jeudi 16 juin 2022 ! Notre assemblée générale se tiendra en live à partir de 17h.
Au vu des circonstances sanitaires encore particulières et pour rendre cet événement le plus inclusif possible, notre assemblée aura lieu en ligne, de manière à permettre à toutes et tous d’y participer.
Rdv sur notre chaine YouTube ! Vous pourrez communiquer via un espace de discussion prévu à cet effet.
Merci de votre présence,
L’équipe de la Ligue

Les résultats de l’hackathon organisé à Rennes !

 

En partenariat avec l’ADAGP et les JUSPl, la Ligue des auteurs professionnels a organisé avec plusieurs acteurs bretons dont l’Institut du travail de l’Université Rennes 2 un second hackathon, lequel a eu lieu à Rennes les vendredi 25 et samedi 26 février dans les locaux de l’Université Rennes 2 sur le thème « Statut et droits des autrices et des auteurs ».

Contraction de « hack » et de « Marathon », un « hackathon » est un rassemblement de plusieurs professions qui, dans un laps de temps limité, élaborent des propositions et des applications innovantes sur des sujets précis.

Pendant 24 heures, une trentaine d’acteurs de la création et de la diffusion, issus des différentes filières culturelles (livre, spectacle vivant, audiovisuel, arts plastiques), se sont réunis pour réfléchir et agir sur le statut des auteurs et autrices, impactés par la crise sanitaire. Artistes-auteurs et autrices, éditeurs, diffuseurs, ainsi que des partenaires (OGC, URSSAF, Maison des Artistes…), mais aussi administratifs, avocats, juristes, universitaires de différentes spécialités ont participé à cet événement.

Des demandes ont émergé : il faut aider l’ensemble des acteurs du monde culturel à comprendre le régime social des artistes-auteurs et autrices, respecter leurs droits et lutter contre un problème majeur : le non-recours aux droits sociaux, en créant des outils pour simplifier les démarches administratives et juridiques.

Cet évènement a été l’occasion historique de réfléchir sur l’encadrement contractuel du travail de création. Souvent invisibilisé, celui-ci n’est ni encadré, ni rémunéré. Nos équipes vous proposent les résultats de leurs ateliers :
  • Un outil de facturation à destination des droits des autrices et des auteurs (Atelier 1) ;
  • Une charte d’engagements (Atelier 2) ;
  • La rédaction d’un contrat équitable encadrant le travail de création (Atelier 3).

Nos résultats ont été restitués en séance publique, les voici publiés :

Atelier 1 – Outil de facturation

Atelier 2 – Charte d’engagement

Atelier 3 – Rédaction d’un contrat de création équitable

 

Nous reviendrons sur ces résultats prochainement en vue de vous les présenter de manière plus développée !

L’équipe de la Ligue

Vos candidates et candidats aux élections syndicales

Du 27 mai au 7 juin 2022, les adhérents et adhérentes de la Ligue des Auteurs professionnels auront l’occasion de voter pour élire le prochain conseil syndical de la Ligue.

Ce sont 10 postes de conseillers syndicaux qui s’ouvrent aux 10 candidates et candidats qui se présentent pour rejoindre le conseil syndical.

En attendant l’ouverture des votes le 27 mai, vous pouvez découvrir ici leurs portraits :

 

Jolan Bertrand

Lydie Blaizot

Manu Causse

Mélanie De Coster

Sophie Dieuaide

Hélène Duffau

Mélanie Launay

Dominique Lepape

Frédérique Le Romancer

 

Justine Niogret

Annonce des élections du Conseil syndical – Appel à candidatures


Au cours de l’année 2021, la Ligue des auteurs professionnels a…

  • rencontré journalistes, politiques et personnalités pour communiquer, informer et sensibiliser sur le statut des artistes-auteurs et autrices
  • accompagné ses adhérents et adhérentes et l’ensemble des auteurs aussi bien par le conseil individuel que par le biais d’ateliers, d’interventions dans des salons et des web émissions
  • assisté bénévolement les organismes chargés de gérer les conséquences de la crise sanitaire et les effets catastrophiques de la fusion Agessa/Urssaf
  • négocié avec les éditeurs et les pouvoirs publics pour tenter d’améliorer les droits et les conditions de rémunération des autrices et auteurs
  • lancé des procédures et obtenu plusieurs décisions juridiques d’importance au nom des auteurs (représentativité, directive européenne, retraites Agessa…)
  • imaginé des pratiques plus éthiques, professionnelles et justes en commençant le développement d’un moteur de recherches et d’un outil de facturation pour l’ensemble des artistes auteurs et leurs diffuseurs et en élaborant une charte d’engagement et un contrat juridique pour encadrer le travail de création
  • fait encore plein d’autres choses trop longues à résumer ici.

Le tout a représenté des milliers d’heures de travail, de réunions, de concertations (voire d’engueulades), de doutes, de désespoir parfois, ainsi que des quantités astronomiques d’énergie, d’engagement et d’enthousiasme.

Pour commencer 2022, la Ligue prépare ses prochaines élections ; elle cherche de nouvelles subventions de fonctionnement et vise à rassembler les forces vives pour imaginer l’avenir, faire respecter nos droits et en conquérir de nouveaux.

Autrice, auteur, la Ligue a besoin de toi. Adhère, réadhère, fais adhérer, parle de nous, renseigne-toi, engage-toi, rejoins-nous. C’est la seule façon de faire avancer la cause des autrices et auteurs et, au-delà, la culture, la littérature et les arts.


Les dates à retenir

Jusqu’au vendredi 13 mai 2022, minuit

Dépôt des candidatures

Lundi 16 mai 2022

Mise en ligne des candidatures

Du vendredi 27 mai et le mardi 7 juin 2022, minuit

Vote en ligne des adhérents à jour de leur cotisation

Mercredi 8 juin 2022

Proclamation des résultats


Se présenter au conseil, pourquoi, comment

Vous souhaitez vous engager pour faire bouger les lignes ? Vous souhaitez aider à la sauvegarde de nos métiers ? C’est le moment !

La tâche qui attend la Ligue en 2022 est des plus importantes compte tenu des nombreux dossiers qui ne sont pas encore réglés et des élections présidentielles et législatives.

Autrices, auteurs, nous avons besoin de vous pour poursuivre ce travail de longue haleine, garantie que nous puissions avoir voix au chapitre pour amorcer les changements nécessaires de demain et vous appelons à candidater jusqu’au 13 mai 2022 !

À cette occasion, le conseil syndical sera en partie renouvelé, comme l’indiquent les statuts qui ont été soumis à votre vote l’année dernière.

C’est le moment de rejoindre nos rangs, pour s’emparer des dossiers de votre choix, selon vos envies et vos champs d’expertise – communication, social, informatique, rémunération, etc. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, et chacun peut trouver sa place.

Comment postuler au Conseil syndical ?

Envoyez un mail à l’adresse direction[a]ligue.auteurs.pro avec :

  • Une courte lettre d’une page maximum pour expliquer votre engagement (2500 signes espaces comprises maximum)
  • Une photo

Vos documents seront publiés en ligne pour présenter votre candidature. Ils constitueront, en quelque sorte, votre tract électoral.

Date limite d’envoi : Vendredi 13 mai 2022, minuit.

Le lundi 16 mai, les candidatures seront en ligne sur votre espace adhérent, vous permettant alors de voter entre le 27 mai et le 7 juin 2022 pour vos candidats et candidates préférées et ainsi de choisir vos représentants.

Si vous n’êtes pas à jour de votre cotisation, vous pourrez bien sûr la régler en ligne juste avant de voter.

Membres de la Ligue, nous vous attendons nombreux !

Le Syndicat National de l’Édition méprise les auteurs

Communiqué du 5 avril 2022

Le Syndicat National de l’Édition soutient les libraires… et méprise les auteurs !

Toujours privés de statut professionnel, les auteurs et autrices resteront-ils les maillons faibles de la chaîne du livre ?

Si le Syndicat National de l’Édition négocie avec tous les autres partenaires sociaux du livre, la question de la rémunération pour les auteurs et autrices a été balayée d’un revers de main.

Aujourd’hui, les groupes Editis et Gallimard ont pris une décision forte en faveur de l’écosystème du livre, en s’engageant à ce qu’aucune librairie ne soit rémunérée en-dessous de 36 % du prix de vente de leurs livres à compter du 1er juin pour Gallimard et du 1er juillet 2022 pour Editis.

La Ligue salue cette décision en faveur des libraires, qui montre la possibilité d’un dialogue social aboutissant à des décisions protectrices en matière de rémunération. Elle souhaite toutefois exprimer sa consternation devant cette nouvelle démonstration du peu de considération des grands groupes éditoriaux à l’égard des auteurs et autrices.

Alors que le taux minimum de 10% pour les auteurs et autrices avait été considéré comme contra legem par le SNE qui jugeait la mesure contraire au droit de l’Union européenne et au droit de la concurrence, on apprend que, finalement, les rouages du droit sont plus malléables qu’ils n’y paraissent.

D’une main, le SNE flatte les libraires, de l’autre, il étrangle les auteurs. Drôle de monde que celui où les maisons d’éditions soutiennent l’activité des libraires tout en oubliant délibérément de reconnaître le droit à une rémunération plus juste pour les créateurs et créatrices à l’origine de l’ensemble de leur activité.

Car pendant les neuf mois qu’aura duré la mission de médiation confiée par le ministère de la Culture au professeur Pierre Sirinelli, la Ligue des Auteurs Professionnels n’a pu que constater la réticence du Syndicat National de l’Édition à aborder les conditions de rémunération des auteurs et autrices.

Tout au long des concertations, le SNE a soigneusement évité le sujet, prétextant favoriser d’autres aspects de la négociation. La mission est ainsi arrivée à son terme sans que cette thématique ait pu être réellement abordée. Au moment de signer l’accord interprofessionnel finalement obtenu, le syndicat des éditeurs s’est dérobé. La raison ? Le texte final était assorti d’une promesse de poursuivre les négociations, avec comme objectif notoire l’amélioration des conditions de rémunération des artistes-auteurs.

Face à ce camouflet, le Ministère de la Culture considère la possibilité de rédiger une lettre de mission contraignant le SNE à négocier avec les représentants des auteurs, mais il ne fait rien !

Par son inaction et son incapacité à garantir un véritable dialogue social, le ministère de la Culture choisirait délibérément de condamner les auteurs et autrices (dont plus de 40% gagnent moins que le SMIC) à la précarité.

Il ne reste que quelques jours avant la fin du mandat de l’administration actuelle. La ministre de la Culture va-t-elle accepter que le SNE torpille neuf mois de négociations effectués sous son égide ? Pourtant, les éditeurs viennent de montrer que, quand ils le veuillent, ils sont tout à fait capables de négocier de meilleures conditions pour leurs partenaires au sein de la chaîne du Livre…

Tout comme l’ensemble les autres organisateurs d’auteurs et d’autrices ayant pris part aux négociations, la Ligue des Auteurs Professionnels demande à la ministre Roselyne Bachelot de prendre ses responsabilités !

 

Retrouvez les tribunes des auteurs et autrices :

Betty Piccioli – “Auteur : un parcours de la précarité ravagé par le Covid 19”, ActuaLitté, 20 avril 2020.

Adrien Tomas – “Moi, je voulais juste écrire”, Actualitté, 18 mars 2022.

L’Alliance des agents littéraires français (AALF) – “Face à un SNE trop dur, le besoin d’agents littéraires grandira pour les auteurs”, Actualitté, 18 mars 2022.

Thomas Fouchault – “Plus facile de négocier avec Deliveroo : Serait-il temps d’ubériser le SNE ?”, Actualitté, 19 mars 2022.

Manu Causse – “Mon travail d’auteur ? J’écris vite. Je compte bien. Et le compte n’y est pas”, Actualitté, 21 mars 2022.

Elisa Villebrun – “Dans quel secteur la difficulté est-elle si mal rétribuée? Aucun”, Actualitté, 22 mars 2022.

Christophe Hardy et Séverine Weiss, co-présidents du Conseil permanent des écrivains – “Il faut que les engagements pris envers les auteurs par Emmanuel Macron soient honorés avant la fin de son mandat”, Le Monde, 3 avril 2022.