EGBD – RÉSULTATS DE L’ENQUÊTE 2025

Les résultats de l’enquête 2025 des États Généraux de la Bande Dessinée sont arrivés ! Et ils sont très inquiétants !

L’enquête fait état d’une profession de plus en plus fragile. Alors, on y apprend quoi ?

– Une féminisation grandissante : En 2015, les autrices de BD représentaient 27 % du total et les auteurs 72 %. Elles sont aujourd’hui 37 %. Moins réjouissant : elles sont globalement moins payées que leurs collègues masculins.

– Moins de jeunes qu’il y a dix ans : C’est une des surprises de l’enquête. S’il y a dix ans les moins de 40 ans représentaient 56 % de l’échantillon, ils ne sont plus que 42 % aujourd’hui. Cette baisse très significative pourrait correspondre à un recul des vocations.

– Un niveau de formation très élevé : Les deux-tiers des répondants ont un niveau d’études supérieur ou égal à la licence, les autrices étant nettement plus diplômées que les auteurs. Les formations spécialisées dominent et l’enseignement privé prend une part de plus en plus importante.

– Un travail astreignant : La réalisation d’une bande dessinée n’est pas qu’un acte de création, c’est aussi une pratique minutieuse qui exige beaucoup de
temps. Une bonne moitié des auteurs et autrices dépassent largement les 35 heures et travaillent plusieurs week-ends par mois.

– Des auteurs qui peuvent moins se consacrer à la bande dessinée : les revenus des auteurs et autrices ne proviennent que pour moitié de la bd. le complément d’un ou plusieurs autres métiers est inévitable pour la plupart, ce qui ne va pas sans inconvénients pour l’ensemble de la chaîne du livre.

– Des auteurs de plus en plus pauvres : si en termes macro-économiques le secteur de la bande dessinée a progressé depuis dix ans, autrices et auteurs ont continué à voir leurs revenus diminuer. 55 % de ceux qui se considèrent comme professionnels n’atteignent pas le smic et 37 % vivent sous le seuil de pauvreté.

– Des autrices particulièrement fragilisées : les femmes sont encore plus touchées que les hommes par la précarité. près de la moitié des autrices vivent sous le seuil de pauvreté. la fréquence des atteintes sexistes ou sexuelles aggrave encore le tableau.

– Des droits sociaux méconnus ou inaccessibles : auteurs et autrices sont nombreux à mal connaître leurs droits sociaux. les arrêts maladie comme les congés maternité, paternité ou adoption sont très difficiles à faire valoir.

– Des relations contrastées avec les éditeurs : si autrices et auteurs entretiennent plutôt de bonnes relations avec leurs responsables éditoriaux, ils se montrent beaucoup plus critiques à l’égard des maisons d’édition. la promotion des livres est notamment considérée comme insatisfaisante.

– Beaucoup plus d’engagement collectif : Auteurs et autrices sont presque 60 % à adhérer à un ou plusieurs syndicats ou organisations professionnelles. Beaucoup trop d’auteurs se sentent abandonnés par les pouvoirs publics.

– Un avenir toujours plus incertain : 74 % des répondants craignent de voir leur situation se dégrader dans un avenir proche. L’utilisation des IA génératives accroît une inquiétude plus globale sur l’avenir du métier.

 

PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE A L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Ces résultats ont été présentés à l’Assemblée nationale le 23 mars 2026 par l’équipe des EGBD composée Sylvain Aquatias, Denis Bajram, Valérie Mangin et Benoît Peeters, devant une salle de 80 personnes composées d’auteurices, journalistes, agents d’OGC et éditeurices.

Cette présentation s’est poursuivie par un débat mené par Eglantine de Boissieu, directrice de la Saif, et Stéphanie Le Cam, directrice de la Ligue. Les échanges avec la salle ont mené à se questionner sur une « économie de la pauvreté […] dans laquelle la pauvreté est non pas accidentelle mais organisée » (E. de Boissieu) et sur la façon par laquelle il est possible de lutter contre ce non-recours aux droits.


Pour terminer cet après-midi, Samantha Bailly, administratrice à La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse et co-fondatrice de la Ligue, était entourée de Mesdames la Sénatrice Monique de Marco, la Députée Soumya Bourouaha et la Députée Céline Calvez, pour discuter élections professionnelles, statut et continuité de revenus.

Nous remercions Madame la Ministre Camille Galliard-Minier de nous avoir ouvert les portes de l’Assemblée nationale pour la présentation des EGBD 2025 ; Mesdames Bourouaha, Calvez et de Marco pour leur présence et leur soutien.

 

« A force de demander aux auteurs de tenir grâce à leur passion, on finit par utiliser cette passion comme un substitut à tout le reste : au revenu, à la protection, à la reconnaissance concrète, à la sécurité. Et c’est là que le danger devient politique, culturel, presque moral. Car une société qui aime la bande dessinée mais laisse ses auteurs s’appauvrir prend le risque, un jour, de ne plus avoir que les albums du souvenir à célébrer. »

Bravo ZOO pour cet article paru suite aux EGBD à retrouver sur ce lien.

LA FAMS : SCÉNARISTE – LEÇON D’AUTODEFENSE

La table ronde « Scénariste : leçon d’autodéfense » s’est tenue le 12 janvier dans le cadre du festival Paris Courts Devant. Cette discussion a abordé les nombreuses difficultés auxquelles les scénaristes, émergent·es comme confirmé·es, peuvent être confronté·es : précarité du statut, complexité des contrats, manque de reconnaissance lorsque les œuvres ne sont pas produites, ou encore rapports de subordination avec les sociétés de production, pouvant parfois mener à des situations d’abus.

Aux côtés de Solène Édouard, agente, et de Sophie Lodwitz, scénariste et membre du Syndicat des Scénaristes, Stéphanie Le Cam, directrice de la Ligue, est intervenue pour rappeler les ressources et les outils dont disposent aujourd’hui les scénaristes pour mieux connaître leurs droits et se protéger. Le débat, organisé par La FAMS et modéré par Remi Grelow et Alban Ravassard, a permis de mettre en lumière les moyens concrets de se défendre et de faire face aux situations professionnelles sensibles.

Merci à l’équipe de La FAMS pour son invitation !

 

📷 Stéphane Félicité et Oriane Landouch

TRAVAILLEUREUSES DE L’ART 59 : ENJEUX DU STATUT DES ARTISTES-AUTEURICES

Le 5 mars 2025, Stéphanie Le Cam est intervenue à Sciences Po- Lille sur invitation de la malterie arts visuels, aux côtés d’Emmanuel Simon, artiste plasticien, membre de La Buse et du syndicat STAA cnt-so ; de Mael·le du syndicat Massicot, fédération syndicale des étudiant·es, collectifs, associations et syndicats en écoles de création ; de Théo-Mario Coppola, curateurx et écrivainx d’art, membre du CAAP ; de Camille TRIQUET, responsable information-ressource à la Fraap ; du Collectif des travailleur·euses de l’art 59, composé de l’artiste Wilfried Dsainbayonne, Pierre Girard, Anthony Huchette, Ludivine Large-Bessette, Anne Muller et Clio Simon ; de Thiphanie Blanc, enseignante, éditrice, critique d’art et coordinatrice de la FAP – Belgique ; et d’Elisabeth Bérard de la malterie arts visuels visuels.

Cette rencontre visait les artistes-auteurices, intermittent·es du spectacle, professionnel·les de la culture et du droit, sur les actualités liées au statut « artiste auteurice » et sur l’importance de porter une voix collective en se fédérant, en s’alliant, dans l’intention de protéger l’ensemble d’un écosystème fragile, de faire valoir nos droits en tant que travailleur·euses.

Résultat des votes AG 2026

Suite à l’assemblée générale qui s’est tenue le 27 janvier dernier, nous avons soumis aux votes des adhérent·es différents documents et modifications des statuts du syndicat, voici les résultats :

Le bilan financier et moral de l’année 2025 ont été approuvés à la majorité, ainsi que la modification des statuts et le nouveau nom que portera désormais la Ligue : la Ligue des auteurices professionnel·les

Assemblée nationale : Mission d’information IA

À l’occasion de sa participation à la mission d’information sur l’intelligence artificielle, aux côtés de Patrice Locmant, directeur de la Société des gens de lettres, Stéphanie Le Cam, directrice générale de la Ligue des auteurs professionnels a pu mettre en cause le cadre particulièrement permissif issu de la législation européenne, qui nous a conduits à la situation dramatique que connaissent les artistes-auteurs et autrices face à l’IAG.

Le législateur semble ainsi renvoyer aux artistes-auteurs et autrices la charge de corriger, par le contentieux, ce qu’il a lui-même laissé se mettre en place, alors même que nos structures syndicales n’en ont ni les moyens financiers, ni les moyens structurels.

L’audition était aussi été l’occasion de rappeler un point essentiel : NON ! la création d’œuvres n’a rien à voir avec la génération de contenus synthétiques…

Nous vous invitons à réécouter cette audition dans son intégralité, à nous faire part de leurs retours, et à participer à nos travaux sur l’intelligence artificielle, car nous continuons à nous mobiliser. C’est aujourd’hui tout ce que nous pouvons faire et nous le faisons.

 

Premier extrait

Deuxième extrait

Troisième extrait

L’AGENCE UNIQUE OCCITANIE CULTURE : COMPRENDRE ET NÉGOCIER SON CONTRAT

Les 22 et 23 janvier 2026, Stéphanie Le Cam, directrice de la Ligue, est allée à la rencontre des auteurices d’Occitanie à Montpellier et à Toulouse pour dispenser la formation Comprendre et négocier son contrat sur invitation de L’Agence unique Occitanie Culture. Cet atelier proposait aux auteurices, illustrateurices et scénaristes BD d’identifier les points clés dans un contrat d’édition, d’acquérir une technique de négociation et de l’appliquer en situation réelle. Pendant ces deux journées, chaque participant·e a pu comprendre la chaîne du livre et ses principaux acteurices, dans le contexte actuel de concentration éditoriale et de mutation des usages ; appréhender les notions juridiques du contrat d’édition ; se connaître : anticiper et utiliser ses points forts et ses faiblesses pour une bonne négociation ; se préparer mentalement à négocier son contrat ; cibler les points importants à la négociation et identifier sa marge de négociation ; appréhender des techniques de négociation ; analyser des cas concrets de négociation de contrat.

Nous remercions chaleureusement les auteurices présent·es lors de cet atelier et L’Agence unique Occitanie Culture pour sa confiance.

Assemblée nationale : L’avenir du secteur du livre

La Ligue a été représenté par son président, Thomas Fouchault, à l’Assemblée nationale le 21 janvier 2026 dans le cadre d’une audition sur L’avenir du secteur du livre. Invité par Alexandre Portier, président de la Commission des Affaires culturelles et de l’Education, il est intervenu aux côtés de Régine Hatchondo, présidente du CNL ; Renaud Lefebvre, directeur général du SNE ; Guillaume Husson, délégué général du SLF ; Patrice Locmant, directeur général de la SGDL ; et de Stéphanie Laurent, directrice des produits éditoriaux de Fnac Darty.

Thomas a rappelé les conditions de travail difficiles des créateurices, au sein de la sphère de la création chamboulée par l’intelligence artificielle générative, et les grands enjeux pour les auteurices dans les mois et les années à venir.

Communiqué inter orga BD du 21 janvier 2026

 

FESTIVAL D’ANGOULÊME : VICTOIRE DES AUTEURICES

Après plusieurs mois de mobilisations à l’initiative des syndicats et collectif·ves de travailleur·euses de la bande dessinée, les pouvoirs publics ont pris la mesure de la situation de crise dans laquelle se trouvait le FIBD d’Angoulême et ce dernier a été annulé.

Par conséquent, l’association historique du Festival a été écartée au profit d’un renouvellement de l’Association pour le Développement de la Bande Dessinée à Angoulême (ADBDA).

Nos organisations d’auteur·ices ont fait le choix de se rassembler en interorganisation sous la bannière d’En bande organisée. Sept d’entre elles (l’ABDIL, les EGBD, La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, La Ligue des auteurs pro, la SCAA, le SNAP-CGT et le STAA CNT.SO) intègrent à ce titre le Collège des auteur·ices de la bande dessinée de cette nouvelle version de l’ADBDA.

L’association, appelée à assurer la responsabilité du festival de la bande dessinée d’Angoulême, a pour vocation de rassembler les acteur·ices publics, professionnel·les et expert·es du secteur de la bande dessinée afin de contribuer à son développement, à son rayonnement et à la cohérence des actions menées sur le territoire.

Notre présence collective au sein de l’association a pour objectif de veiller à la garantie des droits les plus fondamentaux et les plus élémentaires des auteur·ices que nous représentons.

Nous entendons ainsi contribuer activement à la construction d’un festival à la hauteur des enjeux artistiques, sociaux et économiques de la création contemporaine, fondé sur l’égalité, le respect des personnes, la lutte contre toutes les formes de discriminations et de violences.

Notre collège des auteur·ices sera très attentif à ce que la gouvernance soit toujours transparente et respectueuse des auteur·ices de BD et veillera à la protection constante de leurs conditions de travail.

C’est une victoire pour les artistes-auteur·ices qui ont démontré que sans ell·eux, un festival d’une telle ampleur ne pouvait avoir lieu.

C’est une victoire pour les artistes auteur·ices qui encaissent les mauvaises conditions de travail, la précarité, les scandales sur la gestion de leur organisme de retraite, et un mépris constant depuis de nombreuses années.

Nous devrons nous inspirer de cette lutte pour continuer les prochains combats tels que la continuité de revenus ou le bannissement de l’IA de notre horizon professionnel.

Nous appelons celleux qui le souhaitent à nous rejoindre et à se syndiquer ! C’est par l’organisation collective que nous pourrons faire respecter nos droits et en conquérir de nouveaux.

 

 

Liste des organisations signataires :

  • STAA CNT-SO
  • SNAP CGT
  • La Ligue des auteurs professionnels
  • ABDIL
  • Les États généraux de la Bande Dessinée
  • La Charte des Auteurs et Illustrateurs de Jeunesse
  • SCAA

 

 

L’ATELIER VIRTUEL : CRISE AU FESTIVAL BD D’ANGOULÊME / GRAND OFF, GIRLXCOTT & FÊTES INTERCONNECTÉES DE LA BD

L’Atelier Virtuel a dédié son émission du 15 janvier 2026 à la crise du Festival de bande dessinée d’Angoulême. Pour en discuter était présente Stéphanie Le Cam, directrice de la Ligue, entourée de Marie-Paule Noël, membre du STAA CNT-SO et de l’interorga BD, de Julie Gore et d’Elodie Shanta, toutes deux autrices et investies dans l’organisation du Grand Off. Vous ne comprenez plus rien au Festival de la BD d’Angoulême ? Vous vous demandez pourquoi les auteurs et autrices ont boycotté l’édition 2026 ? Pourquoi les éditeurs ont suivi ? Vous vous demandez ce que sont ces « girlxcott » ou « grand off » qui ont lieu fin janvier alors que les ruines du FIBD sont toujours fumantes ? Vous vous demandez enfin si le festival va ressusciter en 2027 ? Et pourquoi en parle d’un tout nouvel événement organisé par une mystérieuse ADBDA ? Réponses dans la vidéo.

 

La Ligue présente à vos côtés en ce dernier week-end de janvier

Plusieurs membres du Conseil syndical de la Ligue se sont mobilisé·es au cours de ce dernier week-end de janvier, et ont participé aux événements organisés sur le territoire :

 

  • une intervention sur le Webtoon a été proposée par SaKimieNolDeph, en partenariat avec le Webtoon Café duquel elle est également membre, lors de Grand Off d’Angoulême. Le 30 janvier, aux côtés des auteurices Himage, Danton et Mon_cher_ananas, elle a proposé une intervention sur la thématique « A la découverte du webtoon francophone : spécificités et enjeux du format ! ».

 

  • une table ronde sur l’intelligence artificielle a été modérée par Pamela Landrevie dans le cadre des Fêtes interconnectées de la BD le 31 janvier à Angoulême. Etaient présent·es Diane Truc, autrice ; Anna Mertz, réalisatrice ; Grégoire Labasse, auteur ; et Anaïs Koechlin, traductrice.

 

  • un plateau radio a été animé le 1er février par SakimieNolDeph, en partenariat avec zaizai radio, sur la thématique « Immersion dans le webtoon francophone » et a laissé la parole aux auteurices Himage, Diane Truc et Marie Deschamps.

 

  • une permanence/rencontre auteurices a été organisée par Camille Ulrich, en partenariat avec la Collective Girlxcott, à Ground Control à Paris lors des Fêtes internationales de la BD le 1er février.

Calendrier de la Ligue 2026

Pour vous accompagner au mieux dans toutes vos démarches administratives, la Ligue vous propose son calendrier 2026 !

Urssaf, impôts, Ircec, bourses, action culturelle… Vous trouverez toutes les dates importantes et les moments propices pour vos déclarations.

Le calendrier sera mis à jour tous les mois en fonction des nouvelles informations que nous recevrons et un rappel vous sera fait sur nos réseaux sociaux.

Vous trouverez également une notice à la fin du calendrier pour vous expliquer quelques notions importantes.

Pour le mois de janvier :
– En premier lieu, profitez de ce mois pour créer et mettre à jour vos espaces personnels sur les différents sites administratifs : impôts, Urssaf, Ircec, Sofia, Adagp, PassCulture/Adage…
– 09/01 : ouverture des dépôts des aides CNL pour la session de mai/juin 2026
– 15/01 : paiement trimestre 1 Urssaf
– 20/01 : clôture des dépôts action culturelle de la SAIF 1e session
– Si vous êtes dispensé de précompte : envoi de la dispense reçue par l’Urssaf à vos éditeurs.