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Convention du photojournalisme : le programme

Le 31 août 2026 se tiendra la première Convention du photojournalisme dans le cadre de la semaine professionnelle du festival de photojournalisme Visa pour l’image – Perpignan

À l’heure où les technologies d’intelligence artificielle générative bousculent la notion même de preuve par l’image, le photojournalisme fait face à une double fragilité, à la fois économique et démocratique. Entre précarisation croissante des statuts, concentration des médias et mutation accélérée des modèles de diffusion, c’est notre rapport collectif à la vérité de l’information qui se trouve interrogé.

Pour répondre à ces défis sans précédent, la première Convention du photojournalisme se tiendra le lundi 31 août 2026 à Perpignan, en ouverture du Festival Visa pour l’Image. Conçu comme un espace d’action et de propositions concrètes, cet événement inédit propose de dépasser les constats traditionnels en faisant dialoguer deux mondes indispensables l’un à l’autre : les universitaires et les professionnel·les du secteur.

À travers quatre tables rondes thématiques et une session de synthèse collaborative avec le public, la Convention du photojournalisme analysera les mutations en cours, des statuts professionnels aux impacts éthiques et financiers de l’IA pour co-construire des solutions viables. L’ambition est claire : réaffirmer le rôle fondamental du photojournalisme dans nos démocraties et poser, ensemble, la première pierre du futur Livre blanc de la profession.

  • Table ronde 1 ∙ Du diagnostic scientifique au terrain : radiographie d’une profession en apnée. Précarité économique, statuts fragiles, risques sur le terrain
  • Table ronde 2 ∙ Bâtir le bouclier des photojournalistes : vers un nouveau modèle de protection collective
  • Table ronde 3 ∙ IA et transformation de l’écosystème de l’image de presse
  • Table ronde 4 ∙ Co-construire la valeur : licences, traçabilité et nouveaux modèles de partage à l’ère algorithmique
  • Session de synthèse collaborative et perspectives d’action

Consulter le programme détaillé et la liste des intervenant·es

  • Lundi 31 août de 10h à 17h.
  • Palais des Congrès de Perpignan, auditorium Charles Trenet.
  • Entrée libre.

L’initiative de la Convention du photojournalisme est portée par l’Association Visa pour l’image – Perpignan, Les JUSPI – Association des Jeunes Universitaires Spécialisés en Propriété Intellectuelle, l’ISSTO – Institut des Sciences Sociales du Travail de l’Ouest – université Rennes 2, La SAIF – Société des Auteurs des arts visuels et de l’Image Fixe et l’UPVD – Université de Perpignan Via Domitia.

En partenariat avec : CEIPI – Centre d’Études Internationales de la Propriété Intellectuelle, CFC – Centre Français d’exploitation du droit de Copie, CLAP – Comité de Liaison et d’Action pour la Photographie, Faculté de droit de l’Université de Lyon 2, FIJ – Fédération Internationale des Journalistes, La Ligue des auteurs professionnels, PixWays, LaScam, SNJ – Syndicat national des journalistes.

La facturation électronique et les auteurices du livre

Rédigé par Frédéric Maupomé, ce guide vous informera de tout ce qu’il faut savoir concernant la facturation électronique !

La facturation électronique arrive à grands pas, beaucoup d’auteurices se demandent si cette nouvelle obligation les concerne? La réponse est oui, ce document a pour ambition de mettre les choses au clair de manière simple.

La facturation : rappels utiles

Il est possible d’être auteurice sans jamais faire de facture, à condition de percevoir uniquement des droits d’auteurs versés par des éditeurs, producteurs ou organismes de gestion collective (comme la SOFIA, la SACD, etc.)

Mais si un·e auteurice désire être rémunéré·e pour des rencontres, ateliers, conférences, lectures, etc. ou vendre sa production (illustrations, planches originales, etc.) alors iel doit être en mesure de faire des factures. Cela nécessite l’obtention d’un numéro SIRET spécifique d’artiste-auteur délivré sur le site de l’INPI.

Quid des “notes de droits d’auteur” ?

Il existe plusieurs appellations pour les factures en français : note d’honoraires, quittance, note d’auteur ou de droits d’auteur, etc. Ces appellations ne changent pas la nature de ce qu’elles sont : des factures. Ainsi, les obligations pour les “notes d’auteurs” sont exactement les mêmes que pour une facture (notamment numéro SIRET, date, etc. les mentions obligatoires sont ici).

La facturation électronique

Toustes les auteurices qui ont un numéro SIRET et sont donc en capacité de faire des factures sont concerné·es par la réforme de la facturation, même s’iels sont en franchise de TVA.

Obligations

Si vous êtes concerné·e vous

  • devez émettre vos factures de manière électronique en direction des professionnels au 1er septembre 2027
  • devez être capable de recevoir des factures électroniques à partir du 1er septembre 2026

En pratique : vous devez avoir choisi un fournisseur de facture électronique au 1er septembre 2026. Il existe plusieurs plateformes gratuites pour les indépendant·es.

Fonctionnement

Une fois que vous aurez choisi votre fournisseur.

  • Vous créez les factures sur sa plateforme. (Avantage : cela vous assurera que toutes les mentions obligatoires sont bien là)
  • Si votre client·e est un·e professionnel·le, il y a un bouton pour transmettre automatiquement la facture.
  • Si votre client·e est un particulier ou une structure qui ne peut pas recevoir de factures électroniques (certaines associations, les maisons d’édition étrangères, etc.), vous pouvez fonctionner comme avant la réforme (facture au format libre, que vous pouvez établir et télécharger sur le portail de votre fournisseur). Il y aura une obligation de ‘e-reporting’ c’est-à-dire un signalement de la facture à l’administration fiscale (ce n’est pas encore actif, ce sera probablement un bouton à cliquer dans l’interface)
  • Si votre client est une entité publique, vous ferez votre facture sur la plateforme, puis vous la téléchargerez et la mettrez sur Chorus pro comme avant la réforme. Il faudra également faire un ‘e-reporting’.

Chaque fournisseur aura sa propre interface, mais ils ont tous des tutoriels explicatifs.

FAQ

Comment cela fonctionne-t-il pour les remboursements de frais ?

Normalement, les remboursements de frais que vous avez engagés doivent figurer sur votre facture. Le remboursement de ces frais rentrera dans votre chiffre d’affaires. Le taux de TVA applicable éventuel est celui de l’opération principale.

Comment déclarer aux impôts les revenus issus de mes factures ?

D’une manière générale :

  • vous pouvez déclarer en traitement et salaires les droits d’auteurs (uniquement !) versés par vos éditeurs, producteurs et organismes de gestions collectives
  • vous pouvez également déclarer ces revenus en BNC
  • vous devez déclarer en BNC (bénéfices non commerciaux) tous vos autres revenus artistiques. Vous pouvez opter pour le régime simplifié dit micro BNC (sous conditions d’avoir des revenus artistiques totaux inférieurs à 83600 € annuels), ou vous pouvez opter pour le régime de déclaration contrôlée (souvent appelé “aux frais réels”)

Dans la plupart des cas, déclarer la totalité de vos revenus en BNC peut constituer une simplification et un gain financier (moins d’impôts, et moins de cotisations sociales).

Puis-je indiquer le précompte sur ma facture ?

L’obligation de précompte ne concerne que les diffuseurs (cela suppose qu’il y ait eu un contrat de cession de droits sur l’œuvre ou les œuvres diffusées par ellui, par exemple pour une exposition.) Dans ce cas, vous pouvez mentionner le précompte sur la facture.

Cette pratique n’est cependant pas recommandée. Nous vous conseillons de fournir votre dispense de précompte et de gérer vous-même vos cotisations sociales : c’est la seule manière de vous assurer qu’elles seront bien versées (on a vu des diffuseurs faire faillite, ou des diffuseurs qui ne versaient pas les cotisations). Si vous voulez que votre diffuseur vous précompte, il faudra lui demander un certificat de précompte en plus de votre facture.

À noter : un établissement qui vous invite à faire une rencontre, un atelier, etc. n’est pas diffuseur, il ne procède pas, lui, à la diffusion d’une œuvre.
Pouvez-vous me recommander un outil de facturation gratuit ?

On nous demande souvent quel outil de facturation électronique choisir. La plateforme Indy nous a contacté·es et démontré que son outil fonctionnait pour les artistes-auteurices : https://www.indy.fr/comptabilite-artiste/. L’offre gratuite permet d’accéder à un logiciel de comptabilité, un outil complet de devis et de facturation, un compte bancaire pro avec carte de paiement.

Nous précisons que cette recommandation est faite à titre gratuit. Si votre société propose un outil de facturation électronique gratuit prêt pour les artistes-auteurices, n’hésitez pas à nous contacter pour que nous le testions.

Vous pourrez trouver en ligne nombre de sites proposant des comparatifs entre les différents fournisseurs et choisir celui qui vous convient le mieux.

Résultat des votes AG 2026

Suite à l’assemblée générale qui s’est tenue le 27 janvier dernier, nous avons soumis aux votes des adhérent·es différents documents et modifications des statuts du syndicat, voici les résultats :

Le bilan financier et moral de l’année 2025 ont été approuvés à la majorité, ainsi que la modification des statuts et le nouveau nom que portera désormais la Ligue : la Ligue des auteurices professionnel·les

Assemblée nationale : Mission d’information IA

À l’occasion de sa participation à la mission d’information sur l’intelligence artificielle, aux côtés de Patrice Locmant, directeur de la Société des gens de lettres, Stéphanie Le Cam, directrice générale de la Ligue des auteurs professionnels a pu mettre en cause le cadre particulièrement permissif issu de la législation européenne, qui nous a conduits à la situation dramatique que connaissent les artistes-auteurs et autrices face à l’IAG.

Le législateur semble ainsi renvoyer aux artistes-auteurs et autrices la charge de corriger, par le contentieux, ce qu’il a lui-même laissé se mettre en place, alors même que nos structures syndicales n’en ont ni les moyens financiers, ni les moyens structurels.

L’audition était aussi été l’occasion de rappeler un point essentiel : NON ! la création d’œuvres n’a rien à voir avec la génération de contenus synthétiques…

Nous vous invitons à réécouter cette audition dans son intégralité, à nous faire part de leurs retours, et à participer à nos travaux sur l’intelligence artificielle, car nous continuons à nous mobiliser. C’est aujourd’hui tout ce que nous pouvons faire et nous le faisons.

 

Premier extrait

Deuxième extrait

Troisième extrait

Assemblée nationale : L’avenir du secteur du livre

La Ligue a été représenté par son président, Thomas Fouchault, à l’Assemblée nationale le 21 janvier 2026 dans le cadre d’une audition sur L’avenir du secteur du livre. Invité par Alexandre Portier, président de la Commission des Affaires culturelles et de l’Education, il est intervenu aux côtés de Régine Hatchondo, présidente du CNL ; Renaud Lefebvre, directeur général du SNE ; Guillaume Husson, délégué général du SLF ; Patrice Locmant, directeur général de la SGDL ; et de Stéphanie Laurent, directrice des produits éditoriaux de Fnac Darty.

Thomas a rappelé les conditions de travail difficiles des créateurices, au sein de la sphère de la création chamboulée par l’intelligence artificielle générative, et les grands enjeux pour les auteurices dans les mois et les années à venir.

Calendrier de la Ligue 2026

Pour vous accompagner au mieux dans toutes vos démarches administratives, la Ligue vous propose son calendrier 2026 !

Urssaf, impôts, Ircec, bourses, action culturelle… Vous trouverez toutes les dates importantes et les moments propices pour vos déclarations.

Le calendrier sera mis à jour tous les mois en fonction des nouvelles informations que nous recevrons et un rappel vous sera fait sur nos réseaux sociaux.

Vous trouverez également une notice à la fin du calendrier pour vous expliquer quelques notions importantes.

Pour le mois de janvier :
– En premier lieu, profitez de ce mois pour créer et mettre à jour vos espaces personnels sur les différents sites administratifs : impôts, Urssaf, Ircec, Sofia, Adagp, PassCulture/Adage…
– 09/01 : ouverture des dépôts des aides CNL pour la session de mai/juin 2026
– 15/01 : paiement trimestre 1 Urssaf
– 20/01 : clôture des dépôts action culturelle de la SAIF 1e session
– Si vous êtes dispensé de précompte : envoi de la dispense reçue par l’Urssaf à vos éditeurs.

Assemblée générale 27 janvier 2026

Chères adhérentes, chers adhérents,

Nous vous invitons à bloquer dans vos agendas la date du mardi 27 janvier 2026 à 18h !

Pour rendre cet événement le plus inclusif possible, notre assemblée aura lieu en ligne, de manière à permettre à toutes et tous d’y participer.

Rdv sur notre chaine YouTube ! Vous pourrez communiquer via un espace de discussion prévu à cet effet.

Cette assemblée sera l’occasion de vous présenter les membres du conseil ainsi que nos actions passées et futures ! Si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous les envoyer en amont que l’on puisse y répondre pendant le live. À l’issue de cette assemblée, le bilan financier, le bilan moral et les statuts seront soumis à votre vote.

Merci de votre présence !

WEBINAIRE LIVR’EST 20 octobre 2025 – IA et monde du livre

La place de l’intelligence artificielle grandit de jour en jour dans notre quotidien et cette croissance rebat les cartes, notamment dans le monde professionnel. Des représentants de la Ligue des auteurs professionnels et de l’Association des traducteurs littéraires de France, ainsi qu’une libraire, viendront parler de l’impact de ce nouvel outil sur leur travail et des perspectives d’avenir qu’il dessine pour les métiers du livre.

Animé par :

  • Frédéric Maupomé, Président d’honneur de la Ligue des auteurs professionnels
  • Stéphanie Le Cam, Directrice générale de la Ligue des auteurs professionnels
  • Samuel Sfez, Président de l’Association des traducteurs littéraires de France (ATLF)
  • Kim Leuzinger, libraire chez 47° Nord, à Mulhouse.

 

Lien de connexion : https://us02web.zoom.us/j/83223304370

La Ligue vous invite à répondre à l’enquête EGBD 2025

2015 : les États généraux de la BD ont marqué un tournant

Véritable première pierre à l’édification d’un mouvement inédit, ils ont permis de rendre visible ce qui était jusque là invisible : la précarité structurelle du métier d’auteur de BD. Les auteurs et autrices savent combien leur métier exige un investissement exclusif, tant les contraintes et attentes du monde éditorial sont fortes. Cet engagement justifie pleinement que la question de leur protection économique, sociale et juridique soit placée au cœur du débat.

Les EGBD sont parvenus à construire un « problème public ». Depuis, on a lu beaucoup d’études complémentaires et de rapports institutionnels, assisté à beaucoup de réunions ministérielles et vu aussi beaucoup de ministres… C’est le temps d’un bilan, dix ans après !

2025 : la seconde édition des États généraux de la BD est lancée

Aujourd’hui, les EGBD lancent une seconde enquête pour faire un nouveau constat précis de la situation, mais aussi et surtout de savoir ce qui a changé pendant cette décennie, en bien comme en mal.

Auteurs, autrices, plus vous participerez, plus vous serez entendus !

Dix ans après la première édition, les États Généraux de la Bande Dessinée lancent une seconde enquête sur les auteurs et autrices. En effet, nous sommes beaucoup à être très inquiets des évolutions de nos pratiques et de nos métiers. Il est donc temps de faire un nouveau constat précis de la situation, mais aussi et surtout de savoir ce qui a changé pendant cette décennie, en bien comme en mal.

Ce questionnaire s’adresse à vous, autrices et auteurs de bande dessinée, que vous soyez professionnels, amateurs ou étudiants. Nous voulons savoir qui vous êtes, vous, la star reconnue mondialement, vous, l’inconnu en devenir. Toutes vos pratiques sont évidemment les bienvenues, du dessin au scénario, de la couleur au storyboard, du papier au numérique, de l’album au roman graphique en passant par le webtoon.

Ce questionnaire est ambitieux. Y répondre vous demandera une vingtaine de minutes, mais c’est le seul moyen d’avoir un portrait riche et complexe de notre communauté créative. Notre avenir dépend bien sûr de nos créations, mais aussi de la compréhension que les acteurs économiques, culturels et institutionnels auront de nos pratiques et de nos situations sociales et économiques. VOS RÉPONSES SONT DONC EXTRÊMEMENT IMPORTANTES.

Afin que personne n’hésite à donner une description parfaitement honnête de sa situation, nous avons opté pour un formulaire de réponse TOTALEMENT ANONYME. Nous veillerons, comme il y a dix ans, à ce que personne d’autre que des statisticiens n’accède à ces données. Nous vous remercions par avance pour le temps que vous allez consacrer à remplir ce questionnaire.

L’équipe de la Ligue vous invite à réécouter notre superbe podcast R2PI enregistré par l’équipe du Centre d’Etudes Internationales de la Propriété Intellectuelle.

Chloé Piedoie y interrogeait en début d’année 2025 trois auteurs engagés Valérie Mangin, Benoit Peeters et Denis Bajram, dont les actions ont été essentielles pour comprendre la réalité des auteurs.

On vous invite aussi à revoir l’émission On en a gros dédiée au EGBD 2025 avec Valérie Mangin, Benoit Peeters, Denis Bajram et Sylvain Aquatias.

Pour un continuité de revenus des artistes-auteurices

 

Audition de la Ligue à l’Assemblée Nationale
– 11 septembre 2025 –

La Ligue se réjouit de l’invitation de Soumya BOUROUAHA, députée de Seine-Saint-Denis, et de Camille GALLIARD-MINIER, députée de l’Isère, à participer à une table-ronde à l’Assemblée Nationale sur la mise en place d’une continuité de revenus pour les artistes-auteurs. Nous sommes aux côtés de sept autres structures du secteur du livre, et nous réaffirmerons notre soutien à cette proposition de loi ô combien importante pour les artistes-auteurs.

Merci à notre déléguée syndicale, Elodie TORRENTE, d’y représenter la Ligue et merci également à Mesdames BOUROUAHA et GALLIARD-MINIER, rapporteures de la mission flash, pour cette invitation.

Deux lois, un objectif clair

Pour rappel, après avoir été initiée par l’ancien député, Monsieur Pierre Dharréville, la proposition de loi visant à l’instauration d’un revenu de remplacement pour les artistes-auteurs temporairement privés de ressources a été déposée le 15 octobre 2024 par Madame la députée Soumya Bourouaha. Deux semaines plus tard par un autre texte de la sénatrice Monique de Marco, le 31 octobre 2024, rédigé dans le même état d’esprit. Ces deux textes, très proches et soutenus par l’intersyndicale des artistes-auteurs, proposent de reconnaître l’ensemble des auteurs, issus de tous les secteurs de la création, comme des professionnels à part entière.

Les motifs exposés dans les deux textes sont très proches. Celui de la députée souligne que : « Les signataires de cette proposition veulent reconnaître le travail que constitue ce geste de création et le protéger », reconnaissant aussi qu’un « mouvement est en train de grandir dans le monde de la culture et de la création, pour une meilleure reconnaissance de celles et ceux qui demeurent par trop invisibles ». Celui de la sénatrice relève que « malgré leur travail socialement indispensable et leur apport non négligeable à l’économie de la nation, les artistes auteurs ne bénéficient pas des mêmes droits sociaux que les autres travailleurs ».

Les parlementaires y font le constat que les artistes-auteurs en tant que travailleurs ne sont pas rémunérés pour leur travail en tant que tel, et ne tirent l’essentiel de leurs ressources que de l’exploitation de leurs œuvres par des diffuseurs : « Le travail de création, qui est la phase antérieure à la diffusion, n’est généralement pas rémunéré ».

En cas d’absence d’activité rémunérée, l’artiste‑auteur ne reçoit donc aucune ressource autre que les minima sociaux. Le travail de création, qui est la phase antérieure à la diffusion, n’est généralement pas rémunéré. La députée propose donc de « corriger cette injustice, qui touche des dizaines de milliers de créateurs et de créatrices essentiels à la vie artistique, culturelle et intellectuelle de notre pays, et qui pèse sur son déploiement » et entend leur garantir un filet de sécurité comparable à celui des intermittents du spectacle. Une continuité de revenus serait alors possible en intégrant les artistes-auteurs à la caisse commune de l’assurance chômage.

Pour ouvrir leurs droits, les bénéficiaires devraient justifier d’un revenu annuel minimum équivalent à 300 heures. L’allocation mensuelle envisagée s’élève à 85 % du Smic net, soit environ 1 200 euros, une aide essentielle pour garantir un minimum vital. Le financement de cette mesure serait assuré par une augmentation des cotisations des diffuseurs, et donc des éditeurs, passant de 1,1 % à 5,15 %.

Une Mission flash commune sur la mise en place d’une continuité de revenu pour les artistes-auteurs

La mission flash a donc été mise en place pour évaluer les difficultés spécifiques des artistes-auteurices au regard de cette protection insuffisante, afin de dessiner ensuite les voies d’une continuité de revenus susceptible de sécuriser leurs parcours professionnels.

La Ligue des auteurs professionnels, représentée par Élodie Torrente, a mis en lumière une situation de précarité structurelle touchant les artistes-auteurices. Les revenus sont non seulement faibles – 75 % des auteurs percevant moins de 10 000 euros par an – mais aussi discontinus, ce qui rend impossible toute projection professionnelle stable. La précarisation est renforcée par l’absence de statut professionnel protecteur, la surproduction éditoriale, la concurrence exacerbée, ainsi que l’irruption des intelligences artificielles génératives.

Les dispositifs existants sont jugés insuffisants et inadaptés. Les aides publiques se concentrent sur les échelons régionaux et sont critiquées pour leur manque de transparence. Les modes de rémunération actuels partagent un même défaut : aléas, retards de paiement, dépendance vis-à-vis des éditeurs. L’à-valoir, pratique contractuelle sans base légale, illustre ces déséquilibres : il constitue une « obole » aléatoire, ne rémunérant ni le temps de travail réel ni l’investissement intellectuel de l’auteur et fige les auteurices dans une position de débiteur vis-à-vis de leur éditeur.

Les propositions sont intéressantes parce qu’elles visent la mise en place d’une véritable assurance chômage adaptée au caractère indépendant du travail des artistes-auteurs, financée par une réévaluation de la contribution des diffuseurs (passant de 1,1 % à 5,15 %), aujourd’hui largement insuffisante.

La Ligue insiste sur la nécessité de conférer aux artistes-auteurs un statut de travailleur indépendant à part entière, intégrant la protection sociale générale, et de renforcer leur légitimité par des élections professionnelles.