Ouverture des élections au conseil syndical 2026

Cher.es membres, nous sommes heureux de vous présenter les 5 candidat.es pour les prochaines élections au conseil syndical de la Ligue des auteurs professionnel.les.

Les candidatures sont en ligne sur votre espace adhérent, vous permettant alors de voter entre le 12 octobre et le 23 octore 2026 et de choisir vos représentant.es !

Si vous n’êtes pas à jour de votre cotisation, vous pourrez bien sûr la régler en ligne juste avant de voter.

Membres de la Ligue, nous vous attendons nombreux !

Manu Causse

Ça fait un bout de temps que j’occupe ce poste de conseiller syndical à la Ligue. Comme à chaque renouvellement de mandat, je rappelle que, malgré mon âge avancé, je ne suis pas inamovible ; qu’il y a certainement des personnes plus compétentes, motivées, douées et intelligentes que moi pour m’y remplacer.Je suis même tout à fait prêt à leur expliquer, avant de leur laisser la place, ce que j’ai appris et compris de l’exercice collectif de la défense des droits des artistes-auteur.ices.

Bref, les clés du camion sont à toi, camarade, et je suis prêt à te les rendre dès que tu le jugeras nécessaire.
Reste que, pour l’instant, la concurrence ne nous oblige pas à jouer aux chaises musicales ; que j’estime avoir participé à quelques belles victoires syndicales, réussi à surmonter pas mal d’embûches de nos métiers, aidé un certain nombre de collègues à y voir plus clair ou à faire valoir leurs droits ; et que, pour l’instant, je ne me pense atteint ni par la limite d’âge, ni par une grave crevaison de l’enthousiasme (je dois, pour ce dernier point, remercier particulièrement mes co-conseillèr.es, avec qui il est si agréable et motivant de travailler et d’apprendre). Donc, voilà, si tu as lu jusqu’ici cette profession de foi* et que tu disposes d’un droit de vote, je serais ravi que tu utilises celui-ci pour me maintenir pour un mandat supplémentaire sur mon siège – promis, je changerai le revêtement avant de partir.
Hasta la litteraturia camarado
*** Je me pose toujours la question, qui les lit vraiment ? Pour m’aider à y répondre, ajoute à ton vote le code promo AGESSA qui t’ouvre droit à une remise immédiate de 0% sur le montant de ta cotisation***.
** Oui, je suis également traducteur. Quoique pas de toutes les langues.
*** C’est de la corruption active, tout à fait. Dénonce-moi en rejoignant le conseil de la Ligue, on a besoin de gens honnêtes comme toi.

 

 

Laurence Pierson

Les enseignants qui écrivent des livres pédagogiques sont des auteurs à part entière
En tant que professeur d’école et spécialiste de l’écriture manuscrite, j’ai écrit des manuels scolaires, des cahiers à destination des élèves et des ouvrages pédagogiques à destination des enseignants. J’ai également rédigé quelques petits livres de jeunesse, toujours à visée pédagogique. Et pourtant, après plus de 15 titres publiés, je me vivais toujours comme « une maîtresse d’école qui écrit des livres » et pas comme une autrice professionnelle ! La Ligue des auteurs professionnels, à laquelle j’adhère depuis 2019, m’a aidée à évoluer sur ce point et à prendre conscience de la nature de mon propre travail.
En échangeant avec des collègues enseignants-auteurs, je me suis rendu compte que je n’étais pas la seule, et que nous étions nombreux à nous considérer comme des « enseignants qui ont écrit un livre » plutôt que comme de véritables auteurs. Cette vision de nous-mêmes nous empêche de défendre nos droits et nos intérêts, en ne nous positionnant pas comme étant des auteurs professionnels. Depuis deux ans, j’essaye de sensibiliser mes collègues à ces questions pour nous organiser face aux grands groupes éditoriaux.
En entrant au conseil syndical de la Ligue des auteurs professionnels, je voudrais rendre visible l’existence des auteurs scolaire en tant que profession. Je voudrais aussi aider mes collègues à se positionner et à négocier leurs contrats dans un secteur où la commande d’éditeur est souvent la règle et où les usages laissent peu de place à la négociation.
Je souhaite également prendre part au débat public concernant la régulation de l’intelligence artificielle, qui pille notre travail sans aucune contrepartie.

Erika Nomeni

Madame, Monsieur, chères autrices, chers auteurs,

Je m’appelle Érika Nomeni. Je suis autrice, poétesse, et musicienne, installée à Marseille depuis 2016. J’ai publié deux romans aux éditions Hors d’Atteinte : L’Amour de nous-mêmes (2023), nommé au Prix Maryse Condé et aux Out d’Or, puis Le Prix (2026), soutenu par une bourse du CNL et l’aide à la création de la Région Sud. J’écris aussi des nouvelles et de la poésie.

Le Prix interroge le mérite, la chance et la liberté d’une autrice noire et lesbienne. Ce sujet, je le vis : nos métiers restent précaires, nos revenus incertains, et celles et ceux qui viennent des marges y entrent souvent sans réseau ni filet de sécurité. Je veux mettre cette expérience au service de toutes et tous.

Depuis 2017, je codirige l’association Baham Arts et le festival UMOJA. J’y ai appris le concret : budgets, contrats, coordination d’équipes, dialogue avec les institutions. J’anime aussi des ateliers d’écriture dans les quartiers populaires et auprès des publics LGBTQIA+.

Avec Baham Arts, j’ai lancé un centre d’écoute et de signalement (bahamarts.com/index.php/signaler) pour accueillir les artistes victimes de violences, de harcèlement ou de discriminations. Ce projet m’a montré combien les auteurs et autrices manquent d’espaces sécurisés pour parler, être crus et orientés. C’est un combat que je souhaite porter ou que je sois.

Si vous me faites confiance, je m’engagerai à :

défendre une juste rémunération et la reconnaissance de notre statut professionnel ;
faire de la prévention et de la lutte contre les violences et discriminations dans le livre une priorité ;
porter la voix des auteurs et autrices hors de Paris, minorisés, ou en début de parcours ;
partager mon expérience associative pour renforcer l’information et l’entraide entre nous.

Je crois à la force du collectif : écrire est un acte solitaire, défendre nos droits ne doit pas l’être.

Élodie Torrente

Cher·es auteurices,
Adhérente à la Ligue depuis 2018, je me suis présentée au Conseil Syndical en 2024 où j’ai eu l’honneur d’être élue.

En deux ans, j’ai participé à de nombreux travaux et notamment aux réunions au Centre National du livre dans le cadre des bonnes pratiques des éditeurs pour l’aide à la publication. Au ministère de la Culture, j’ai assisté au comité de pilotage sur les conditions de rémunérations des auteurices, au comité de suivi de l’étude sur la diffusion distribution qui sera publiée prochainement. J’ai également contribué à la lutte pour éviter que l’avance sur droit amortissable soit gravée dans la loi Darcos-Robert. Par la suite, j’ai assisté à la concertation entre auteurices et éditeurices souhaitée par la ministre Mme Catherine Pégard à la suite des amendements de la loi Darcos-Robert sur la clause de conscience et la durée limitée de cession de droits. J’ai aussi été entendue par le Sénat sur le contrôle du budget et le soutien à la filière du livre.

Je suis intervenue à des tables rondes sur la rémunération des auteurices et la nécessité d’une continuité de revenus. Grâce à l’acquisition de ces nombreuses connaissances, j’ai réfléchi ces derniers mois avec mes confrères et consœurs à une loi-cadre qui sera présentée dans les semaines à venir. De plus, avec Camille Ulrich, conseillère syndicale de la Ligue, nous avons entrepris de développer la commission égalité-diversité et engagé des actions de formation en interne et au sein de l’intersyndicale pour lutter contre les VHMSS et accompagner les artistes-auteurices. Enfin, j’ai pu donner mon avis et réfléchir avec des juristes et d’autres organisations à la transformation du travail induites par l’IA générative.

En deux ans, j’ai rencontré de nombreuses organisations, des partenaires dans différents secteurs, des universitaires experts et engagés, lu des lois, étudié de nombreux rapports. En deux ans, l’autrice de romans et de nouvelles publiée depuis 2008 qui refuse de signer des contrats déséquilibrés a, grâce à son investissement, à l’expertise de la Ligue et au soutien du collectif, dépassé son sentiment d’illégitimité si féminin.

Militante dans l’âme, indignée par la précarité des artistes-auteurices (malgré la croissance continue de 19,4 % des industries culturelles et créatives entre 2021 et 2024), le déséquilibre des relations avec les diffuseurs, l’absence de protection sociale et d’un véritable dialogue social, et maintenant concernée par le climat de suspicion envers les auteurices à propos de l’utilisation de l’IA alors que notre travail a été pillé sans que ça ne dérange grand monde, je me présente pour un nouveau mandat. Car oui, tant que les créateurices que nous sommes ne bénéficieront pas d’un véritable statut, j’apporterai mon énergie, ma vision et mon expérience.

Intègre et déterminée, je vous invite à voter pour moi lors de cette élection. Ensemble, nous pouvons construire un avenir où les auteurices sont enfin reconnu·es pour ce qu’iels sont : les maillons essentiels de la chaîne du livre, de la culture ; les remparts de la démocratie.

Merci pour votre confiance et votre soutien,

Alice Nussbaum

Chères autrices, chers auteurs,

J’ai commencé comme graphiste il y a plus de 20 ans chez Autrement, une maison indépendante où se côtoyaient livres adultes et jeunesse. C’est là que j’ai pu voir de près comment s’organisait la création d’un ouvrage, et en comprendre les enjeux, notamment dans la relation éditeurices/auteurices. Puis, je me suis mise à mon compte avec un statut d’artiste-autrice, travaillant avec différentes maisons d’éditions, rencontrant toujours plus d’auteurices d’horizon différents. De fil en aiguille, j’ai eu moi-même à faire aux illustrateurices en tant que directrice artistique. Ce dialogue, professionnel mais aussi assez intime, m’a permis d’être à l’écoute et de prendre conscience de problématiques qui allaient bien au-delà de simples questionnements artistiques.

Une maison d’édition m’a permis de m’impliquer plus encore dans cette relation aux auteurices : Grasset-Jeunesse, dont je suis la DA depuis 2011. Valéria Vanguelov, l’éditrice, et moi-même formons un véritable binôme. Dès lors, j’ai pu mieux voir encore ce que pouvait être une relation saine entre les auteurices et une maison d’édition, mais aussi tout ce qui laissait à désirer, ce que l’on pouvait changer et ce qui devait l’être. Ma position me permettait aussi, parfois, de me faire l’intermédiaire entre les auteurices et l’éditrice sur certaines demandes ; j’ai pu aussi m’apercevoir que, malgré toute notre bonne volonté, nous ne pouvions faire au mieux que dans un cadre imparfait et que nos souhaits visant à une relation plus équitable se heurtaient à des barrières d’usage et/ou juridiques.

C’est aussi au sein de cette maison que je suis devenue autrice, avec une petite dizaine d’albums à mon actif. « L’affaire Grasset » a précipité le souhait que j’avais de m’engager plus encore dans la réflexion et la lutte pour l’amélioration de la condition des auteurices. Cette affaire m’a permis un rapprochement plus grand avec ceux qui, depuis longtemps déjà, se battent pour une défense des droits des créateurices et cela m’a donné envie d’agir plus concrètement. J’ai commencé à le faire en participant à la communication des États généreux, en faisant partie du groupe de travail autour d’une nouvelle loi Jean Zay, en créant avec d’autres un collectif d’auteurices-illustrateurices (Le siège collectif). M’engager avec vous, m’engager à vous représenter, serait pour moi un honneur : celui de mettre mon savoir-faire au service de la défense des auteurices et d’œuvrer pour leurs causes afin que nous soyons enfin considérées comme des travailleureuses comme les autres et que tous nous puissions travailler dans la dignité et la sérénité, notamment face aux enjeux à venir.

Je vous remercie de m’avoir lue, et souhaite de tout cœur pouvoir apporter ma petite pierre à ce joli édifice.